Trip To USA
Suivez les aventures de Juliette et Alexis pendant leur mois de voyage aux États-Unis.
Sur la gauche du site, vous aurez la carte des du monde avec les étapes de leur voyage. En cliquant sur un marqueur, vous pouvez voir une description de l’étape et les photos associées dans la partie de droite. Tout en bas du texte, vous pourrez aussi retrouver une galerie d’image.
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Claveyson
Préparation au départ pour Paris - 29 juillet

Samedi 29 Juillet 2023
À l’heure qu’il est… on devrait normalement être en train de dormir. 6h54 dans le train qui nous emmène à Rennes. On profite de ce moment tranquille pour commencer à raconter notre voyage. Alors bon, là, en toute franchise, ce qu’on va raconter n’a rien de palpitant, mais un voyage commence bien quelque part.
Aujourd’hui n’est pas vraiment le départ. On est parti jeudi chez Isa et Gilles, les parents de Juliette, pour les voir une dernière fois ainsi que Louise, Kéko, Suzanne et Marti, respectivement soeur, beau-frère et neveux, nièces de Juliette. Le but de la manoeuvre étant aussi de leur laisser notre chien, Buster, pendant quasi 1 mois. L’occasion aussi pour Juliette de revoir Marie partie vivre aux Québec et de passage à Saint-Lager-Bressac pendant qu’on y était.
Là bas c’est la routine, on arrive comme si c’était chez nous, et faut dire qu’on y est bien aussi. Y a qu’à voir la vue qu’on a au petit déjeuner.

Petit dèj – Saint-Lager-Bressac
Les au-revoirs
Bon, par grand soucis de transparence on vous avoue que nous reprenons ce texte plusieurs jours après cet étape. Mais promis on s’en rappelle bien. On se rappelle fort de ce trajet en voiture avec les parents de Juliette au volant et nous qui sanglotons à l’arrière. On imagine que Buster était, au même moment, en train de se lamenter lui aussi, la tête dans les pattes, les poils trempés de larmes (ou alors juste il vivait sa meilleure vie, à regarder l’horizon qui, vous l’avez compris, n’est pas degueu dans cette maison, en se disant qu’enfin les vacances commençaient !). En tout cas nous c’était pas la joie, on se lançait des regards qui voulaient dire « c’est un peu pathétique » et en même temps » j’ai le coeur brisé de laisser mon chien ». Alors on a arrêté de se regarder un petit moment, le temps de reprendre nos esprits.
Au moment où j’écris ces lignes Alexis est en train de suivre les trajets en direct de Buster sur l’application… Bon on va s’améliorer hein ! C’est les premiers jours ! Ça va passer. Les photos de lui à la rivière, de lui endormi, de lui en balade commencent à nous faire penser que de toute façon il est vraiment en mode » les vacances commencent » alors pour nous aussi ! Les vacances commencent…

PS : papa, maman, merci pour la garde et promis on était tristes de vous laisser vous aussi.
Je remarque que souvent les vacances et les voyages commencent par des réveils matinaux, mais genre vraiment matinaux et ça a pas loupé : le samedi on était dans les rues de Lyon à 5h15 et vraiment ça, c’est pas la meilleure partie des voyages. Alexis qui a dormi 3h confirme.
PS : Chloé, Bertrand, merci pour l’appart, encore encore encore.

Finalement on a fait plein de trucs !
Gallerie
Sixt-sur-Aff
Mariage de Pierre ! - 29 au 30 juillet
SAMEDI 29 JUILLET
Mariage de Pierre et Marion en Bretagne

En direct du train numéro… 5 direction Paris. Ce train aurait pu ne jamais voir le jour, enfin en tout cas pas avec nous dedans. Hier, à environ 22h et déjà quelques verre de champagne, vin et bière, un éclair de génie nous a fait nous rendre compte que nous avions complètement oublié de réserver ce trajet Bretagne/Paris.
Pour remettre un peu dans le contexte nous avons fait une halte en Bretagne pour assister au mariage d’ami·es. Le marié a été rencontré au lycée par Alexis, par Juliette à Lyon et les trentenaires que nous sommes arrivent donc à ce moment de l’existence où il va être question de fleurs, de robe et de champagne.
Bien, ceci étant dit, reprenons.
Premier enseignement de ce voyage donc : malgré les tableaux excels, les mois de préparation, les discussions, les listes, les listes cochées : on oublie toujours un truc. Deuxième enseignement – qui n’a rien avoir – : les boulons ça crèvent les pneus. Parce que si notre passage en Bretagne finit par un train quasi-oublié, il a débuté avec un pneu crevé, celui de nos gentils potes venu·es nous chercher à la gare. Coeur sur Alex qui s’est retrouvé torse nu et genoux sur un sac plastique, dans un petit chemin de campagne pour ne pas salir ses vêtements de mariage, amour sur Clem qui a géré ça avec un grand calme dans sa robe de soirée. Ah et si ! Troisième enseignement : parfois c’est au milieu de nul part, avec un pneu crevé, qu’on apprend que ses potes attendent un bébé et ça rend les soucis de boulon très superficiels.
La tendresse n’a pas faiblit à partir de ce moment là : du moment des retrouvailles avec tout le monde, de l’arrivée de Pierre et Marion – sur des pétales, sous un arbre au moment même où le soleil sort des nuages (on comprendra plus tard que dans cette région ça arrive tout le temps, c’est comme ça qu’il fait beau chez eux) – jusqu’aux discours de Maxence, Quentin, et autres ami·es vibrants d’amour. Le climax aura définitivement été les mots que Pierre et Marion ont eut l’un pour l’autre : les yeux baissés de larmes, la voix tremblante mais la poitrine sure d’elle. Un mariage comme dans les livres, les grands livres qui nous font penser que tout a du sens.

Parce que ce texte sera certainement lu par des gens qui n’ont rien avoir avec ce mariage je vous passe sous silence l’allure romanesque -encore – du chateau, le concert d’Alexis et de 3 autres qui ont scotché tout le monde, les chansons paillardes chantées à table qui a aussi scotché plein de gens mais pour d’autres raisons, la troisième robe de la mariée, le DJ qui passe Partenaire Particulier alors qu’on lui avait bien dit que non, celle là, c’est bon, on préfère pas, mais qui passe aussi Should I Stay or Should I Go ce qui l’excuse un peu, les verres qui se remplissent aussi vite qu’ils se vident, l’intensité de la danse d’Alexis qui est proportionnelle à la vitesse dont ces fameux verres se vident, les discussions au coin fumeur, les crêpes le lendemain au brunch à côté de la piscine et puis les jeux d’alcool à 17h avant de dire au revoir.
Un beau mariage !
Demain, nous partons à New-York. On se répète cette phrase plusieurs fois et on l’a dit aussi à plein de gens ces dernières 24h, pour se rendre compte que c’est vrai, aussi pour savourer la réaction d’envie que ça crée chez eux. On nous a beaucoup dit « profitez », il est temps de voir si nous allons respecter ce conseil !
Good evening family and friends <3
Gallerie
Paris
Étape mariage de Pierre ;) - 30 au 31 juillet
Dimanche 30 août

Légende : manger un mc do devant la Tour Eiffel
Nous sommes arrivé·es à la capitale vers 21h, fatigué·es et un peu affamé·es. Après avoir arpenté les longs tunnel du métro parisien ( c’est fou comme ils sont longs), nous nous sommes retrouvé·es dans un quartier chic. En bon provinciaux que nous sommes, nous avons comparé à Lyon » On dirait un peu le 6ème quand même non ? ». Plus nous avancions vers l’appartement – coeur sur Pierre et Marion, respectivement 7ème et 8ème remercié·es dans ce blog, pour avoir prêté votre chez vous – plus nous nous sommes rendu·es compte qu’un grand truc pointu se rapprochait. Les garçons – Alexis et Raph qui avait lui aussi vécu des histoires de trains pas anticipés qui mériteraient d’être racontées – n’étaient quand même pas surs » c’est peut être juste une autre tour » alors que vraiment il y avait peu de doute sur le fait qu’il s’agissait de la Tour Eiffel.
En bon provinciaux que nous sommes donc on s’est dit qu’il fallait absolument que nous allions la voir. Quand même, c’est Paris quoi !
Nous avons donc passé une petite heure, dans l’herbe des Champs de Mars, à manger des burger dont on taira le nom et en se racontant des histoires de constructeurs de génie, de mine de fer et puis après de conspirationiste qui croient en la terre plate (nous demandez pas comment on en est arrivé·es là… il était tard et puis le mariage, le champagne, les multiples trains, bref vous savez).
Pour être honnête Paris s’est donc résumé à ça : la Tour Eiffel et des frites froides parce qu’une fois rentré·es, on a pas trainé. Après presque 10h de sommeil, nous voilà le jour J, on s’est réveillé en y pensant, un peu anxieu·se et en même temps un peu soulagé·es je crois qu’enfin, on y soit !
On se voit à NY !
New York – J1
7 jours dans la capitale du monde - 31 juillet - 07 août
Mardi 1er août – New York Jour 1
Cette fois-ci on y est ! C’est sur, il n’y a plus de doute. Je veux dire on les a bien faites les 7h d’avion sans place pour les jambes – et c’est important de le préciser, vu qu’on avait passé un temps considérable à étudier toutes les options de ce vol il y a 6 mois et que les jambes qui s’allongent étaient une option que nous avions prises -, et on est bien arrivé·es dans un endroit où tout le monde s’est mis à parler comme dans un film, deux preuves irréfutable de notre arrivée à New-York City.

Pourtant au moment où je vous écris, il est 22H heure locale, nous avons passé la journée dans cette ville et dire que nous y sommes me parait encore un peu fou. Peut être que vous raconter la journée va rendre ça plus réaliste.
Si ce site se veut être un blog de voyage qui se respecte, nous avons officiellement un premier conseil à donner : partir de l’aéroport de Newark c’est pas la partie la plus simple. Ici il n’y a pas de panneaux qui vous dit où prendre le bus, dans combien de temps il arrive, où il va mais par contre il y a d’autres français qui galerent et parfois ça aide, de galerer à plusieurs. Alors quand vous arrivez, agrippez vous à des français, vous vous en débarrasserez plus tard. Faut dire aussi que les gens qui bossent ici sont pas très sympathique, ça dit pas bonjour, ça parle très vite, ça vous regarde à peine, ça balance votre valise à l’arrière d’un bus et ça vous dit de monter sans trop demander votre reste. Ce qu’on a fait. On a roulé peut être 20min avant de voir les premiers grattes-ciel et ça coupe le souffle, genre tout de suite, c’est un peu inexplicable parce que c’est un peu inimaginable. Ces gratte ciel on les a déjà vu, mille fois, sur petit, moyen, grand écran, depuis qu’on est tout petit·es et non stop jusqu’à maintenant, autour d’eux on nous a raconté toute sortes d’histoires, des romances, des meurtres, du suspens et des personnages qui parlent ce fameux langage du cinéma. Alors quand on les voit en vraie ces grandes tours c’est un peu comme voir quelqu’un de sa famille qu’on a pas vu depuis très longtemps mais qu’en même temps on ne connait pas vraiment. Ça fait l’effet d’une grande peinture dans laquelle on serait jeté. Alors imaginez quand le bus nous a fait descendre à Times Square… Nos cerveaux fatigués du vol et des 6h de décalage horaire – à l’heure de ce fameux voyage en train il est minuit et donc 6h du matin à l’intérieur de nous – ont cru figé sur place. Ça tournait partout, ça brillait partout, ça sentait l’essence, les ordures, les frites ( je vous jure, sans cliché, ça sent la frite) mais aussi la chaleur du goudron, le parfum de 4 ou 5 personnes différentes et c’était grand partout, de gauche, à droite et jusqu’en haut. J’ai eu envie de pleurer direct, ma valise dans la main, on était en mode pilote automatique en même temps qu’en mode émotion maximale. Je ne sais même pas comment on a trouvé une bouche de métro où l’on s’est engouffré.
Quelques heures après, allongé·es, on s’est félicité·es de s’en être si bien sortie parce que deuxième conseil de bloggeur-globe-trotter : le métro New-Yorkais n’a aucun sens. J’aimerai vous dire en quoi mais je ne sais même pas expliquer à quel point c’est incompréhensible. Après les français, patriotes de la galère, on a trouvé un américain qui nous a sauvé la mise. Parce que si les employé·es sont assez désagréables, les gens d’ici sont très amicaux et drôles. Un grand mec, cheveux frisé, typé hispanique, avec un t-shirt décolleté et un torse rasé, nous a suivi jusqu’à notre arrêt et, ensemble, on a parlé de de New-York, de la France, de République Dominicaine, de l’Espagne, de religion, de prière et aussi de musique parce que c’était un musicien (bien sur… forcément), de ses morceaux, de la salle de concert où je travaille, de la batterie d’Alexis. À la fin du trajet, quand on a du descendre, on s’est pris dans les bras comme les vrai·es américain·es.
Nous nous sommes retrouvé·es dans une chambre avec cheminé, vieux lavabo et parquet au sol et en posant nos valises nous avons eu la sensation presque palpable qu’en 1H on avait déjà vécu un bout de ce que nous étions venus chercher : la ville qui grouille, les gens qui nous parlent anglais, la vie vivante mis dans ce monde de cinéma.

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Nous avons commencé à arpenter les rues le lendemain à 8h30, oui toujours cette histoire de décalage horaire… pour nous c’était quasi le début de l’après-midi, ce qui a d’ailleurs engendré les premières tensions de voyage parce qu’à 13h (ou 8h c’est pareil !) on a faim et à 8h (oui je sais c’est perturbant ces histoires de décalage horaire, bientôt on en parlera plus) il n’y a pas grand chose d’ouvert. On a mis longtemps avant de se mettre d’accord pour entrer dans une minuscule boutique qui pour moi ressemblait à ces boutiques ouvertes à toutes heures qui vous vendent les produits de pire qualité au prix de l’excellence. En fait surprise, à l’intérieur il y a un restaurant : sans table ni carte mais de vraies cuisines et en 10minutes on avait le meilleur sandwich au pastrami que j’ai jamais mangé. On a aussi eu du café, alors troisième ou quatrième conseil je ne sais plus : prenez un black, ça équivaut à du mauvais café français, Alexis a opté pour un régular et a eu cette drôle d’invention qui consiste à mettre du lait dans le café. On a englouti ça dans Central Park – tout ici est un cliché je vous dis.

On a continué à faire les touristes assez insupportables parce que « Central Park ça ressemble quand même beaucoup au parc de la tête d’Or » et que comme dirait mon grand-père L’Amérique c’est comme l’Ardéche en moins bien. Soyons honnêtes quand même Central Park c’est quelque chose… Il y a des tortues, des ecureuils, des lacs (plusieurs), un château et même une obélisque qui vient d’Egypte. Il reste cette impression un peu étrange que tout ici est fabriqué, même les pierres semblent être en carton pate, tout est lisse, droit, fait avec les même pierres. Ça se sent que tout a été construit quand il y avait déjà des machines, que leurs églises n’ont pas été brûlées, puis reconstruire, puis re-brulées et encore re-construites, alors pour nous qui venons d’un vieil endroit ça se sent, ça se voit.

Au milieu de notre balade a Central Park on a visité le Metropolitan Museum of Art, en toute franchise nous nous sommes surtout retrouvé·es là parce que les marches du dit musée sont mythiques dans une série que je regardais ado et que c’était une nouvelle fois rentrer dans le tableau que de m’asseoir moi aussi sur ces marches.

Après ça il y a eu une mini-sieste parce que encore ces horloges toutes perdues tout ça tout ça et puis la 5ème avenue. Alors là.. Là on ne sait pas quoi dire… Dans cet endroit on peut à peine regarder le ciel, déjà parce qu’on le voit mal mais aussi parce que les tours donnent le vertiges dès qu’on lève les yeux. Ça grouille partout : les ambulances, les taxis, les gens, les estanquo qui vendent des hot-dog, les grosses voitures, les gens, les tours, les feux rouges, les gens. C’est comme on n’a jamais connu, jamais vu, c’est immense, c’est tourbillonant, c’est complètement renversant. C’est quand on poussait la porte d’une église qu’on se rendait compte comme le dehors était intense en comparaison. C’est étrange parce que c’est intenable de bruits, d’odeurs, de bâtiments et en même temps c’est grisant, passionnant et on a envie d’être avalé en entier·e. Le coup de grâce a été Times Square de nouveau, en plein jour, en pleine foule et ce délire d’écrans, de publicités, des écrans sur des facades qu’on ne voit même pas. C’est le corps tout en remu-ménage et le premier donuts avalé (le premier d’une longue lignée mais faut reconnaitre qu’ici ils mettent le paquet sur le sucre, ça colle aux dents) qu’on a finit par rentrer, épuisé·es, repu·es.

Il est 23h, heure d’ici, et on espère que la nouvelle nuit que nous allons attaquer va remettre les pendules à zero.
À demain pour de nouvelles aventures !
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New York – J2
7 jours dans la capitale du monde - 31 juillet - 07 août
Mercredi 2 août
J’écris ces mots le 3 août, parce qu’hier on était mooooort et en rentrant on s’est effondré très rapidement. Il est 10h et je viens juste d’aller nous chercher du café au Deli du coin.
Hier, je me suis réveillé vers 10h avec Juliette à côté, bouquinant depuis déjà 1 ou 2 heures. On décide de s’activer un peu pour aller visiter quelques quartiers iconiques : Greenwich Village, SoHo, Little Italy et China Town.
Avant toute chose il faut quand même qu’on se mette un truc dans le ventre et on file vers un Deli où je me prends un cheese-burger et des frittes et Juliette finalement rien, ne souhaitant pas vraiment manger un sandwich ou burger de bon matin. Je la comprend .. on est à quelques années lumières du petit dej classique français.

pris sur le fait, à 10h du mat
Juliette n’ayant rien mangé du coup, sur le retour du Park où on s’était calé et en direction du métro, on fait un petit stop dans un magasin de Donuts et elle se prend une boite de 3 donuts « chocolate sprinkles ».

Ça y est ! On a tous les deux mangé, on peut enfin commencer la journée.
On prend le métro à la 125 street, le A, direction Greenwich Village. D’ailleurs on a enfin compris comment marchait le métro et c’est plutôt simple en fait, y a juste des métros express et locale qui passent sur la même ligne et il faut donc faire attention à quel arrêt tu veux sortir. Les express s’arrêtant à moins d’arrêts que les métros locaux.
On arrive à Greenwich village et c’est franchement très très chou. Les bâtiments ne sont plus d’immenses tours de verre ou de brique, mais des genre d’immeubles Haussmanniens à la New Yorkaise quoi.
D’ailleurs, pour les connaisseurs, on est tombé par pur hasard sur l’immeuble de Friends. On l’a repéré grâce à l’attroupement de personnes qui y prenaient des photos.

On a continué de marcher un peu dans ce quartier jusqu’à arriver au bord de l’Hudson River. D’un coup la vue s’est écartée et on a pu voir de l’autre côté le New Jersey, et une petite avancé de 100m sur le fleuve. On s’est posé un petit moment là bas à regarder simplement la vue à 360°. On pouvait voir la statue de la liberté au loin, l’Empire State Building ou encore le One World Trade Center.


Après avoir contemplé la vue pendant une trentaine de minutes en s’imprégnant de la vie ici – avec par exemple un couple d’asiatiques qui pêche et écoutent un rock asiat’ psychédélique, ou un gars posé à côté de sa grosse trottinette électrique noire avec des grosses roues, certainement la Harley des trottinettes, prenant des photos des gens qui passent avec son appareil à gros objectif, ou encore la pet-sitteuse et ses 4 ou 5 chiens attachés autour de la ceinture – on décide de bouger. Comme d’hab jusqu’ici, on sait pas exactement vers ou, mais y a de gros buildings pour nous guider et tout est à voir de toute façon. Il était quelque chose comme 12h15.

la pet sitteuse, la trotinette et l’avancée de 100m sur le fleuve
On descend d’abord un peu en longeant le fleuve et en gardent le One World Trade Center en vu, droit devant nous, pour finalement décider de repasser dans Greenwich Village, puis SoHo avec ses jolies rues et habitations. Y a pas mal de petit restos qui ont l’air sympa mais avec mon repas du matin à base de burger et les Donuts de Juliette, on a pas forcément faim tout de suite, alors on marche toujours en observant tout ce qu’on peut observer. On finit quand même par avoir soif et un peu faim pour Juliette et on tombe sur un resto qui s’appelle « Le Botaniste ». Enfin un truc qui semble léger par ici ! On rentre dedans et tout de suite ça jure avec tous les autres lieux à bouffe qu’on a pu trouver jusqu’ici. Très clean, aucune viande et ils préparent les petits plats devant nous avec leurs bases d’ingrédients. Juliette prend des morceaux d’avocats enveloppés de graines et une limonade et moi une petite salade avec un ice tea maison. C’était juste parfait à ce moment précis, pas trop faim, très chaud et carrément envie d’autre chose que du burger.

Après cette pause « bien méritée », direction Little Italy puis China Town, un peu plus à l’est. Je crois qu’on dit plus grand chose pendant qu’on marche à ce moment là, juste on regarde ces quartiers qui fourmillent de monde avec un élément tous les 30cm qui pourrait faire lui seul l’objet d’une visite guidée, par « elément », j’entend n’importe quoi : une affiche, une discussion, une voiture, un lieu, une déco. J’ai d’ailleurs pas forcément plus de choses à dire pour décrire cet endroit, juste une ou deux photos à partager.


Après Chinatown on s’est pris la motivation d’aller jusqu’au début du pont de Brooklyn, puis une fois qu’on était là on s’est dit qu’on allait au moins aller jusqu’à la première arche histoire de voir la vue, puis là bon .. Juliette avait un peu le vertige alors on a fait demi tour et on est allé en direction du Financial District. Ah aussi, je reviens deux secondes au pont : tous les 10 mètres t’as des gars qui te proposent de faire des vidéos 360 degrés de toi, et ils passent absolument tous sans exception Empire State Of Mind de Jay-z avec Alicia Keys. Overdose.


Bon, la journée n’est pas encore fini mais ça devient long à écrire donc je finirais plus tard, en vrac en attendant pour les impatients inexistants de notre fameux Blog :
On a ensuite vu :
- Financial District avec ses buildings hauts, très hauts.
- Le mémorial du 11/09
- Le One World Trade Center, d’en bas
- Le « The Battery » Park tout au sud de Manhattan
- Un Rooftop dans chinatown
- Time Square, de nuit ou j’ai acheté un T-Shirt de Booba Gump
Je met quelques images dans la Gallery en attendant.
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New York – J3
7 jours dans la capitale du monde - 31 juillet - 07 août
Jeudi 3 août – New-York jour 3
Ça doit faire 10 fois que je vérifie le jour et la date que nous sommes. C’est propre aux voyages et aux vacances je crois, on ne sait plus vraiment, on se mélange, on compte en quartiers visités, en nuits passées, en billets réservés, les heures et les calendriers du quotidien marchent moins bien. Et puis aujourd’hui on est un peu moins là, ancré·es dans la réalité, pourtant on a bien dormi, presque libéré·es des vieilles grippes du décalage horaire, mais on a mal dans les jambes, dans les pieds, dans les talons, nos yeux tirent et ça dès que nous franchissons la porte de l’hôtel. Alors pardonnez si cet épisode est moins fourni, moins riche que les précédents mais… le 3eme jour ça tire. C’est comme au ski, mon père dit qu’on a plus de chance de se faire mal le jour 3 et après c’est bon, on a pris le rythme.
Nos sujets de tension restent la nourriture et ça a été rebelote ce matin. Pour vous résumer le débat, Alexis dit que je suis difficile et moi je dis que c’est juste que la nourriture est degueu. Je vous explique et vous choisirez votre camp : nous nous retrouvons dans une sorte de restau self service où l’on rempli des plateaux repas en plastique de toutes sortes de préparations : de la salade de pâte, du riz, de la viande, des haricots et des choses non identifiées à base de gelée, de crème. Avant même d’avoir goûté je le sens que… je suis pas convaincue par le concept de la boîte en plastique et de l’odeur de réfectoire qui plane ici. Alors est ce que mon impression influence la dégustation ou est ce que mon flair se voit confirmé par celle ci… on en revient au débat ! Moi je dis que vraiment c’était pas bon, au mieux ça valait un flunch sur une aire d’autoroute quand on a très faim. Alexis, lui, s’est régalé. Les goûts et les couleurs comme on dit…

Ça me fait penser qu’ici on est pas mal perturbé par leur manière de manger, pas tant qu’ils ne cuisinent pas comme chez nous mais qu’ils ne mangent pas comme nous. Vous ne trouverez pas de terrasse et très peu de bar remplie. A la même époque de l’année en France, que ce soit à Lyon ou à Paris, les parcs, restaurant, bistrot regorgent de gens de tout âge qui mangent et qui boivent dehors, de 11h du matin jusqu’à minuit. C’est très étrange de ne pas retrouver cette ambiance dans les rues, ce soir nous étions dans un quartier un peu stylé de Brooklyn et nous avons trouvé la seule et unique terrasse, dès qu’on s’est assi·se ça allait mieux, je ne m’étais pas rendue compte jusqu’à maintenant comme c’était important pour nous.
On a réfléchis à comment et pourquoi ils se passaient de cette merveilleuse invention qui est une table, une bière et un burger au grand air. Nous nous sommes dits que peut être pour eux le repas est moins important que pour nous, ici on mange debout, à un coin de rue, on s’achète un hot-dog dans une bicoque, un burger vite fait et même des sandwich dans des boutiques qui sont nos bureaux-tabac. Ici le repas n’est pas un moment de convivialité et ici aussi on ne boit pas ou alors on le montre moins. Chez nous boire, du vin, de la bière, c’est conviviale, c’est normal, ça fait partie d’un moment familial ou amical. Tout à l’heure, nos voisins de terrasse ont commandé des shooter, à 19h… Une autre culture… Peut être que c’est parce que nous venons d’un pays du sud où vivre dehors fait partie de notre tradition, peut être juste que ça ne s’explique pas, ce qui est sur c’est que les terrasses nous manquent. On ne profite pas assez des terrasses.

Après notre accrochage matinal gastronomique On s’est vite engouffré dans le métro pour en sortir avant le pont de Brooklyn que nous avons cette fois traversé en entier ce qui veut dire que nous avons de nouveaux entendu au moins 12 fois « New York », ce qui a finit de nous dégoûter définitivement de ce titre. Le pont de Brooklyn, on l’a vu mille fois, on en a entendu parlé des centaines d’autres et comme depuis le début de ce voyage : c’est mieux en vraie. On a acheté une glace (le serveur a d’ailleurs gagné la palme du serveur le plus désagréable depuis 3 jours et pourtant il y avait du level) qu’on a dévoré dans un parc avec vue sur la statue de la liberté. Ah oui parce qu’il y a aussi la fameuse statue dans ce quartier et c’est aussi mieux en vrai. Ici tout est tellement dingue que j’en vient à oublier et passer rapidement sur la statue de la Liberté…

Les rues de Brooklyn sont plus basses, on voit enfin l’horizon. Elles sont aussi plus sales et plus pauvres. Ici nous sommes souvent les seul·es blanc·hes dans les bus ou lieux que nous visitons. Ça aussi c’est différent, c’est rare chez nous d’être la minorité et ça remet des choses à leur place. Soudain les t-shirt « Black Lives Matter » de celles et ceux qui nous frôlent ont le goût d’une réalité que nous n’avions pas saisie à la télévision. Après avoir fait le 5ème avenue, le quartier des finances ou Times Square les deux derniers jours, un autre versant de New-York nous saute aux yeux : il y a des poubelles qui jonchent le sol, des hommes qui dorment à même ce même sol, des façades taggées, brûlées, beaucoup de boutiques capharnaum qui semblent dater des années 80. Nous traversons Brooklyn en bus – 40 minutes pour vous donner une idée des distances folles- les gens descendent, montent, des enfants, des hommes seuls, des femmes, des nounous, ça parle un anglais que l’on ne comprend pas, ça porte des énorme cabas, des sachets de donuts luisants, ça a des écouteurs dans les oreilles ou ça passe de la musique sur des enceintes. Il y a moins de monde, ce n’est plus la fourmilière de Manhattan mais il flotte une énergie de pas trainés, de lenteur forcé, de journée qui dure.

Je vous passe sur la visite du Botanic Garden, si ce blog est un blog de voyage alors un conseil, n’y allez pas. Ça coute cher et on y voit des fleurs qui poussent dans nos jardins. À la place du jardin je vous mets une photo d’Alexis dans le jardin qui est bien plus interessant.

Allez plutôt au Graham Bar car vous y trouverez une serveuse sympa et souriante – la seule de New-York ?- qui trouve très beau que french fries se dise frite en français. On y a aussi mangé un burger (oui encore un, ça va !) qui a finit de nous achever. Après tout on avait encore marché 10h et trouvé une serveuse sympa + une terrasse, la journée devait s’arrêter là.
Il est 22h30, nous revoilà dans notre chambre de Harlem, les pieds brûlants, les genoux endoloris mais la poitrine encore plus pleine à force des jours qui passent.
Demain is an other day !
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New York – J4
- 31 juillet - 07 août
New York – Jour 4 – 4 août
Nous ne sommes plus du tout à jour sur ce blog et sans vouloir balancer c’est un peu la faute d’Alexis qui devait écrire sur le jour 4 et puis… en fait non. Pour sa défense il est tombé malade, du genre gros rhume.
Faut dire qu’ici ils déconnent pas avec le clim, les écarts de températures sont dingo. Vous descendez dans le métro il fait 35 degrés, vous rentrez dans le métro il en fait 22. Dans les chambres, les magasins, les bars, restau, il fait froid ! Et puis ça laisse les portes grandes ouvertes sur la rue sans aucune vergogne. Quand nous en avons parlé à l’homme qui tient l’hotel il nous a répondu en soupirant « Oh yes… It’s America ». America it is alors..
L’America a donc eu raison d’Alexis… Pour essayer d’y remédier nous sommes parti·es à la recherche d’une pharmacie.
Ici on achète ses médicaments au même endroit où l’on trouve des chips. Il y a de grandes enseignes avec écrit « Pharmacy » et on y voit des rayons de nourriture en tout genre. Nous avons donc hésité avant de nous lancer et en effet il y a bien des médicaments cachés derrières tout le reste, au fond on trouve le comptoirs avec des pharmacien·nes. Des stores deux en un dont on ne sait pas trop quoi penser. Nous avons trouvé l’équivalent du Humex qu’Alexis a avalé en espérant que les doses américaines étaient plus efficaces que les européennes.

Alexis entre la vie et la mort
Tout ça c’est déroulé aux alentours de midi, nous avons passé la matinée à trainer dans la chambre d’hotel. On s’y sent un peu comme chez nous, c’est grand, la déco est chargé, le lit est immense, les couvertures douces. Alexis va chercher du café et des cookies le matin et on vaque à nos occupations en pyjama, alternant entre bouquiner, geeker sur nos téléphones, faire les comptes ou se répéter la suite du voyage. C’est un des plaisirs de partir longtemps, nous avons décidé de ne pas nous dépêcher, après tout nous avons encore 3 semaines ici, nous avons bien droit à quelques matinées de vacances pures à glander, au centre de Harlem.
Nous nous sommes donc mis·e en état de marche en fin de matinée et avons trouvé un resto facilement. On progresse ! On a mangé autre chose que du gras, des frites ou des sandwich dans un très jolie restau chinois.

Après ça on a filé au Musée d’Histoire Naturelle qui sont toujours mes musées préférés dans les grandes villes. Celui ci a de la gueule, on y voit de grandes scènes de la vie sauvage derrières de grandes vitrines en bois avec des peintures très belles. Il y a aussi une baleine géante accrochée au plafond, un tas de squelettes, d’animaux et de maquettes du système solaire. C’était si bien qu’on a pas vu le temps passer et on nous a annoncé que le musée allait fermer dans 30min alors que nous n’avions fait qu’un étage sur 3 (en 2h…).

La baleine en question

Le musée en question
Callé·es sur le rythme de la maladie d’Alexis nous sommes retourné·es flâner à l’hôtel histoire de prendre des forces avant le programme de la soirée. Alexis avait trouvé un bar qui passait des groupes rock, à 15min de là où nous logeons et si il y a bien une chose que l’on voulait voir ici c’était des concerts.
Depuis que nous sommes arrivé·es il a beaucoup été question de cinéma, de langage de film, de scènes déjà vues sur nos écrans. Nos imaginaires sont marqués par ces images américaines et au moins autant par la musique des Etats-Unis. S’il y a bien quelque chose que nous partageons avec Alexis c’est écouter de la musique. Dès que nous nous sommes rencontré·es (rencontre faite dans la musique d’ailleurs) nous avons passé de longs moments à écouter des albums, assis·e dans notre salon, dans la voiture ou dans les draps (surtout aux prémices de l’histoire où nous n’avions pas de canapé ni de voiture ou même de chaise de cuisine…). Ça a commencé par un échange de titres, d’artistes que nous avions chacun·e aimé, histoire de voir si nous étions un peu près d’accord : les White Stripes, Green Day, Foo Fighters, The Doors, Patti Smith, Nirvana, Johnny Cash, System of a down, Black Keys, The Kills, Incubus, Tool, Bring me the Horizon.
Une fois concaincu·e que tout ça sonnait très bien, on a trouvé des albums à partager, des premières écoutes faites en simultanées et que nous chantions très fort devant les enceintes ou en live. Cage the Elephant, Rival Sons, Tame Impala, Greta Van Fleet, Idles, Twenty One Pilot.
Alors venir ici, à New York c’était fouler les endroits où sont passé·es ces artistes qui ont tellement compté pour nous, qui ont martelé notre adolescence puis notre vie d’adulte. Nous aurions pu faire un voyage pelerinage de Détroit à Los Angeles en passant par Seattle jusqu’à la Nouvelle Orléans parce que l’on sait que les salles de concert sont des endroits à nous où l’on se comprend en se regardant à travers le bruit et les spots. Des safe place. Au point où j’en ai fait mon métier et où Alexis travaille entouré de sa batterie et de ses guitares. Bref cette histoire là vous la connaissez, tout ça pour arriver au moment dans ce bar, à Harlem – New York.

Si nous n’avions pas vu les commentaires sur Google avant de venir nous ne serions surement pas rentré·es dans ce bar. La devanture est tapissée d’affiches, de journaux et les murs intérieurs sont recouverts du sol au plafond par des pochettes de CD en même temps que par des masques africains. Au fond du bar, sur une scène de 4m par 3 un groupe fait ses balances : guitare, basse, batterie et tam-tam. Le son est fort, le batteur tape et en fait un peu trop, le chanteur a une voix à la Eddie Weber qui déraille mal et le tout a une présence scénique proche du rien du tout. C’est exactement l’équivalent d’un groupe de rock moyen qui jouerait dans un bar en France. Tous les musicien·nes ici ne deviennent donc pas Dave Grohl…
Nous sortons boire une bière une fois le set terminé (20 dollars deux pressions, on comprend pourquoi tout le monde boit de la Heineken en bouteille). Dehors un membre du staff originaire du Burkina parle français, il a le visage épuisé, il nous écoute d’une oreille et nous présente sa belle soeur, une pianiste qui fume des cigarettes (fait incongru car personne ne fume ici à part des joints, les rues sentent souvent la weed). Elle vient de revenir de France après une série de concerts, elle nous parle décalage horaire et nous conforte dans nos choix de voyages : la voiture à LA c’est oui, San Francisco à pied ça se fait, notre hôtel est un bon plan.
Quand nous rentrons dans le bar, la scène a été investie par 7 hommes : trois chanteurs, un clavièriste, un guitariste, un batteur et un bassiste. Et là, d’un coup, on trouve ce que nous sommes venu·es chercher, de manière très naïve et peut être un peu ridicule on s’émeut d’entendre ces sons de guitare, ces voix soul, ces rythmes, ces interludes en anglais.
C’est safisfait·es et un peu groggy que nous rentrons à l’hôtel, cochant une case de plus sur notre liste invisible de chose à faire rêvée aux USA.
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New York – J5
- 31 juillet - 07 août
Bon, j’ai chopé un bon gros rhume qu’on se chope en hiver après un coup de froid, sauf que là c’est en été, avec la climatisation partout de manière exagérée. J’imagine que c’est un coup à prendre ici, et qu’il faut sortir le pull au bon moment. Bref, je vais pas épiloguer la dessus 50 ans, mais c’est ce qui a fait que aujourd’hui on est resté tard à l’hôtel puisque j’étais dans le dur de la maladie.
Vers 12h30 on décide de bouger et voilà les quelques trucs qu’on a prévu de faire.

Pas mal de marche donc, en repassant à certains endroits qu’on a déjà vu, histoire de les voir sous un autre angle, mais aussi par de nouveaux endroits notamment pour y faire du shopping.
On se rend donc dans le quartier de Hell’s Kitchen dont l’origine du nom n’est pas vraiment connue selon Wikipédia. Une version que j’aime bien raconte qu’un policier aurait dit à son chef que ce quartier c’était « l’Enfer » en rapport aux émeutes et bordel qu’il y avait au début du 20em siècle, ce à quoi son chef lui aurait répondu un truc du genre « Ce n’est pas l’Enfer ici, c’est la cuisine de l’Enfer ». C’est dire le bordel que ça devait être. On commence à se balader dans ce quartier, sans trop se souvenir pourquoi on avait noté d’y venir puisqu’on souhaitait faire du shopping plutôt et que c’était un lieu carrément dédié à la bouffe, quand je me rappelle qu’on n’est pas très loin du McGees. C’est le bar dans lequel les scénaristes d’How I Met Your Mother ont rédigé des scripts et dont ils se sont inspirés pour le bar dans lequel traine les protagonistes de la série. On y est donc allé et c’est l’ambiance d’un pub irlandais mais avec en plus bien 7/8 télévisions tout le long du bar ou passent des matchs de baseball. D’ailleurs dans les pubs, tous le monde est assis au bar en priorité puis se mettent au table si il y a plus de place, la ou en France, au bar, on retrouve plutôt nos pochetrons.

Le McGees n’est pas si ressemblant que ça à celui de la série, étant plutôt en longueur et c’est surtout les tables qui sont les mêmes et les posters aux murs qui nous rappellent qu’on est bien dans le bar d’How I Met Your Mother. On se prend chacun des club sandwich avec potatoes et une bière. Juliette écrit en parallèle à Céline, fan de la série aussi. Moi j’me tâte à en parler aux copains parce que dans les faits, en leur envoyant des photos par sur qu’ils reconnaissent quoi que ce soit. Je leur en parlerais quand même à l’occase.
Addition : 54$. Tax + gratuity + tips (on s’est fait avoir) = 81$.
Sur le ticket y avait déjà une taxe écrite « Gratuity : 10$ ». J’me suis dis que c’était une taxe supplémentaire pour ce resto donc j’ai pas tiqué et j’ai ajouté un tips de 10$. Le montant minimum recommandé sur le ticket de caisse. Entre l’addition de base et ce qu’on paie à la fin y a quand même la moitié en plus …
En regardant sur internet plus tard je trouve que que la taxe de Gratuity correspond enfait au tips. Parce ce que je sais déjà plus si on en a parlé ici, mais les serveurs ici sont payé rien du tout de l’heure et ne peuvent compter que sur les tips pour avoir un salaire décent. Souvent on paye donc 20% en plus sur l’addition. Ce pub avait donc inclus ce tips avec la taxe Gratuity mais recommandait quand même un tips en plus … Bref, c’était la minute culture tips.


Une fois le ventre plein, on part en direction de Grand Central Station, que vous avez forcément vu dans un film ou une série. Pour Juliette par exemple c’est la scène d’ouverture du premier épisode de Gossip Girl.
Sur la route, on repasse par Time Square sans faire exprès. Vu qu’on l’avait déjà croisé, je savais à quoi m’attendre et j’ai commencé à filmer, le téléphone entre mes deux mains, posé sur mon torse. Voici donc 5 minutes de vidéo de notre traversée de Time Square.
On a dû marcher une vingtaine ou peut être trentaine de minutes depuis McGees, mais avec le rhume plus la digestion j’étais complètement mort, donc on a fait une pause à Bryant Park pendant bien 30 minutes à bouquiner et regarder les gens passer.
On s’est ensuite dirigé vers la Grand Central Station et c’est un bâtiment très beau, très grand, quoi que très effacé par les buildings qui ont poussés autour. On a du mal à vraiment trouver un angle où peut peut le voir de loin, complet. Dedans c’est très beau, avec des pierres bien lisses et propre, et on se demande si il y a plus de voyageurs que de touristes.


Polaroïd. Comme vous pouvez le constater la Grand Central Station parait minuscule au milieu des buildings imposants
La visite du lieu est assez courte au final. C’est un grand hall quoi. On a tenté de passer dans quelques couloirs pour voir si on pouvait monter plus haut et il y avait effectivement des possibilités, mais payantes et avec des queues d’enfer. On a déjà eu une belle vue avec notre Rooftop il y a quelques jours, on passe cette fois.
On sort donc pour aller voir l’Empire State Building. Il est sur la 5th avenue, sur laquelle on a déjà déambulé quelques jours plus tôt, donc je suis quasiment sûr qu’on est passé devant sans le voir tellement il y a de grands bâtiments partout. À chaque fois que je vois un bâtiment comme ça, tout ce que j’arrive à me dire c’est : « Pfiouu, il en a fallut du béton pour construire tout ça » et pas « Que c’est beau, cette flèche d’acier qui s’élève depuis la base, l’Empire State Building, une étreinte entre la terre et le ciel qui murmure des histoires de vies et d’audace. » (merci ChatGPT) . J’suis sûr que je suis pas benêt pourtant, mais je constate que ça doit pas être simple à bâtir cette chose là.
On reste pas bien longtemps devant il me semble, et on trace vers Beacon’s Closet. Sur la route, on croise une grosse boutique Harry Potter et je peux pas m’empêcher d’aller y jeter un oeil. C’est quand même une aventure qui m’a accompagné de mes 11 à 20 ans à peut prêt, comme beaucoup d’autres. Dedans tout est bien fait, bien positionné, et même Juliette qui n’est pas fan de la saga a très envie de s’acheter une baguette magique. Moi c’est plutôt les valises type vintage en cuir et bois, personnalisable. On fait un peu tout le tour mais quand même, j’ai passé l’âge, ou la passion m’est passée. Donc on sort bredouille.
À Beacon’s Closet c’est bondé, assez étroit entre chaque présentoirs à vêtements et je suis crevé donc je reste dehors pendant que Juliette farfouille pour en ressortir avec une jolie chemise. Ah j’oublie que juste avant on est tombé par hasard sur une boutique qui vendait des cartes postales et des vêtements récupérés. Juliette s’était pris une jupe. On a fait un petit arrêt à CVS aussi, notre pharmacie / épicerie / quincaillerie « préférée » pour choper des mouchoirs. Merde j’en ai plus d’ailleurs là. J’me mouche dans les serviettes du Texas Burger ou on s’est pris à manger. Mais pourquoi j’vous raconte ça.

J’suis un peu perdu dans la temporalité, je crois que c’était avant ces magasins qu’on s’est posé dans un le Madison Square Park avec un grand parc à chien ou on imaginait Buster jouer dedans avec les autres chiens. Après tout, ça serait facile pour lui si on bougeait là, enfin je crois pas qu’il lui faille un traducteur d’odeur de cul des autres chiens. Jamais entendu parler en tout cas. On a écouté quelques musiciens faire du Jazz et lu un peu. J’ai aussi tenté quelques photos avec mon téléphone.


Le Métropolis Vintage et le suivant était fermés avant le temps qu’on a mit. Donc a décidé d’aller direct à Bleecker Street, une rue avec de chouette pub, restaurants et boutiques.
Sur le chemin on a croisé un Park, le Washington Square Park qui s’avère être un lieu de rassemblement pour les Skaters et artistes de New York. Il y a une grande place ronde avec tout autour des gens qui ont posé des stands pour proposer des services artistiques.

Certains vous proposent de vous vendre des tote bags avec dessins personnalisés, ou des petits objets fait main. Un autre propose des « poèmes spontanés ». Entre chaque il y a des musiciens qui se rassemblement pour faire quelques morceaux, ou d’autres qui dansent en laissent complètement aller leurs corps. Encore d’autres dessinent à la craie sur le sol.

L’ambiance est pas simple à raconter mais c’est le genre d’endroit ou tu sais qu’avec un ou deux potes, ou inconnus, tu peux philosophé jusqu’au bout de la nuit avec quelques poses musicales impromptues.
On reste un moment ici, à s’imprégner de l’atmosphère avant d’aller à notre destinations finales de la journée. La fameuse Bleecker Street.
On aura pas fait un gros chemin dans cette rue. À peine arrivés on entend de la batterie dans un pub, alors on rentre en montrant nos cartes d’identités, on s’installe à une table en commandant deux bières chacun et des tender crisps de poulet. Face à nous, une petite scène assez bien fichu avec un groupe qui fait des reprises de morceaux connus, mais plutôt à destinations des teenagers que nous étions. Le groupe assure, le chanteur à une voix de fou et une bonne présence scénique par rapport au groupe vu quelques jours avant, le batteur tape fort, mais ça va, la salle fait qu’on a pas les oreilles pétées.
L’ambiance est vraiment bonne et on reste un moment ici. Crevés mais surtout heureux d’avoir assistés à ça, on rentre en repassant par le Washington Square Park, qui n’a pas désempli de monde.
—
Juliette avait pris des notes pendant la journée, comme elle le faisait ces derniers jours pour éviter de devoir écrire toute la journée d’un coup. Je vous les mets comme ça, parce qu’elle sont bien comme ça. Elle les a quasi toutes écrites quand on était au Washington Square Park.
Alexis malade, la journée a été ponctuée de pauses dans des parcs de la ville. Il faisait bon, l’herbe était verte, les gens s’assoupissaient sur des grands tissus.
Dans un parc il y a une femme qui danse sur la musique d’Amelie Poulain. Autour d’elle des skateurs tournoient. Il y a un homme qui écrit des poèmes sur demande. Une grande fontaine. Des gens qui dansent. Et une odeur de weed un peu partout.
Dans un autre – Madison square – il y a un parc à chien avec des collines artificielles. Cette ville voue un grand amour aux chiens, ils sont nombreux et partout : dans les rues mais aussi les magasins ou les bars.
Ici les gens connaissent les paroles par coeur et les chantent bien. Il n’y a pas ce brouhaha comme en France entre ceux qui s’en sortent pas mal et la majorité qui invente son propre langage. Les filles ont l’air d’américaine : des cheveux blonds et raide, des robes courtes, elles crient en se tenant la main et en s’embrassant.
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New York – J6
- 31 juillet - 07 août
New-York – Dimanche 6 août
Aujourd’hui c’est le dernier vrai jour à New-York, demain nous prenons un vol dans l’après-midi pour Los Angeles. Il me semble que nous sommes parti·es il y a longtemps, que nous avons emmagasiné des tonnes et des tonnes d’images et que pourtant ce n’est pas le moment de partir. La nostalgique que je suis pense déjà « New-York c’est finit », imagine déjà la moi du futur, de retour à Claveyson, qui rêvera au voyage tant attendu et déjà terminé. Je regrette des choses à peine vécues. C’est peut être pour ça qu’aujourd’hui a été une journée un peu embrumée. Hier la ville nous avait avalé, j’avais envie de tout regarder, de tout entendre, d’aller dans chaque rue, il y avait une énergie brûlante partout. On se disait en riant qu’on pourrait venir vivre ici un ou deux ans, Alexis bosserait et moi je serait ces filles qui marchent sur la 5ème avenue avec leur chien – si mon métier est sous-valorisé en France, je ne crois pas que la politique culturelle des USA joue en ma faveur…-.
Sans rire on a regardé le prix des loyers ici qui est fou – de l’ordre du 4 000 dollars en location par mois – mais les types du genre d’Alexis qui fabriquent des choses virtuelles, gagnent 3 fois plus que ce qu’il gagne actuellement. Trois fois plus ! Un petit appart dans Greenwich Village. Acheter du café le matin dans des cup en cartons, manger des hot-dog et parler anglais sans que plus personne ne nous demande de répéter. Une petite année. Hier, on y a pensé.
Et puis aujourd’hui je me suis trainée sur les rues pavées en rêvant de ma Modus, de saucisson, de pain, du chemin vers notre boite aux lettre (??) et de mon chien qui dort sur le carrelage. Nous nous étions prévu·es un programme léger et c’était parfait, ce qui l’était aussi – parfait – c’était que ce programme commençait par la messe. Autant vous dire que la messe on y va pas souvent, à part pour les mariages et les enterrements comme la majorité des gens mais il y avait une case « Messe Gospel Harlem » à cocher sur notre whish list. Je me suis dit qu’avec mon humeur à couper au couteau ça me ferait pas de mal les gens qui chantent Halleluja et bien en effet, ça a pas fait de mal.
Les touristes – c’est à dire les blanc·hes – sont installé·es au fond de l’église, on nous demande de ne pas prendre de photo et de ne pas sortir avant la moitié de la cérémonie. La première demi-heure j’ai vraiment eu la sensation de devoir lutter pour ne pas renvoyer l’image de quelqu’un venu au spectacle, être assise sur ce banc à côté des autres gens casquette-sacados-appareilphoto c’était l’équivalent d’un panneau autour du coup avec écrit « Spectatrice non réelle » et personne n’a envie qu’on voit qu’il est un touriste. Et puis après j’ai oublié. Cette messe est composé à 90% de musique, il y a un homme au clavier, un autre à la batterie et les officiant·es, les gens dans l’église, tout le monde chantent, tout le temps. Même dans les moments de silence, de prière, la batterie tourne. Les femmes crient des Halleluja, applaudissent, le pasteur a une voix grave et puissante. Il y a du bruit quand dans nos grandes églises en pierre on chuchote en baissant la tête. Ici le plafond est bas, il y a un ou deux vitrail qu’on voit à peine et il y a des écrans de télé avec les paroles des prières – je suppose pour les touristes car seul le dernier rang a les yeux rivés dessus – et des micros. J’ai assisté à tant de messe où l’on entendait rien, où je ne comprenais rien et soudain cette tradition française me parait ridicule.
Remarque d’Alexis – ça ne pouvait venir que de lui – : les américain·es dans l’église applaudissent en marquant le 2ème et 4ème temps ( la caisse claire de la batterie) quand les européen·nes du fond de rang frappent dans leur main sur le 1er temps et il semblait impossible pour nous de faire autrement. Chacun·e tapait donc dans ses mains à sa manière…
La cérémonie a duré plus de 2h, je n’ai pas vue le temps passer et Alexis l’a trouvé long, le temps.
Après ça, changement d’ambiance, nous avons passé une heure à laver notre linge dans un lavomatique. Remarque inutile : ils mettent beaucoup -trop ?- de lessive et d’adoucissant. C’est comme la clim, ils doivent penser que l’écologie, tout ça tout ça, c’est pas encore leur tour de s’en occuper. America it is.
Le reste de la journée s’est avérée ressembler à un dimanche chez nous : beaucoup de temps allongé, à ne rien faire, des livres, des séries, des fenêtres grandes ouvertes, de la mauvaise nourriture et puis nous voilà à 20h20. Il est 2h du matin en France et nous c’était notre dernière journée à New-York.
LA, nous voilà (après 7h de vol et du décalage horaire, vous connaissez).
New York Jour 7
- 31 juillet - 07 août
Lundi 7 aout – Dernier jour à New-York et vol pour Los Angeles
Nous avons quitté New York sous la pluie, en mode automatique, du brouillard dans les oreilles. En sortant du métro pour aller vers l’aeroport nous sommes tombé·es face à l’immense gratte ciel du New York Times et voir un nouveau symbole juste avant le départ m’a un peu consolé. Nous avons repris le bus de l’arrivée pour l’aéroport, nous avons revu la ville au loin et ses tours dans la brume. On essaye de penser aux palmier de Venice Beach.
On ne pensait pas écrire sur cette journée faite de vols, de passeports à sortir 10 fois, de sièges pas confortables et d’attentes interminables. Mais quand même, pour vous raconter en vous la faisant courte : alors qu’on passait la securite après 2h dans une file d’attente, nos bacs ne sont pas passés au détecteur à dangers (nom officiel) et une flic m’a demandé de la suivre vider ma gourde (le danger en question) dans un toilette, elle m’a laissé 20m avant les fameux toilettes sans me prévenir que je ne pourrai pas revenir sur mes pas. Je me suis retrouvée seule, me faisant hurler dessus par une autre flic que je commettais un acte apparement ignoble et que je devais refaire tout le chemin de croix. J’ai donc parcouru la fameuse file d’attente, hoquetant aux gens des « sorry sorry » pour les doubler. Après 1 heure qui m’en a paru 5 j’ai retrouvé alexis et on s’est pris dans les bras comme si on venait de me relâcher d’une prise d’otage de plusieurs années.
Conclusion : les agents de sécurité américaine peuvent être les vrais méchants dans les histoires. Pas un seul mot pour m’expliquer que je ne pourrai pas revenir, ils ont ignoré Alexis qui demandait où j’étais partie alors qu’ils avaient vu que nous étions deux avec juste… une gourde d’eau ! Ça m’a donné encore plus envie de mes histoires de Modus, boîte aux lettres et autres chiens dans mes bras (cf le jour d’avant).
Mais nous y voila… LOS ANGELES ! Avec l’envie ardente que cette journée se termine et qu’on l’oublie.
On s’écrit demain pour se raconter de plus belles choses à base de palmiers et de beach.
PS : j’ai écrit ce texte dans l’avion et nous voilà bien arrivé·es dans notre logement pour 5 jours. Nous sommes les heureux·ses propriétaire d’une Chrysler Malibu bleue que Alexis a conduit comme un chef sur les routes un peu flippante de LA. On vous la montre demain ( la Malibu).
<3
Los Angeles – J1
4 jours à Los Angeles - 07 au 11 août
Et c’est parti pour 3 jours et demi à Los Angeles.
Ça a déjà commencé hier soir en fait, avec l’arrivée à l’aéroport puis la location de la voiture. Pour tout vous dire, on a eu du cul quand on est sorti de l’avion, parce qu’on est arrivé aux bagages en 5 minutes, et ils sont eux arrivés en 10 minutes. La sortie de notre porte était directe à côté, on sort et on cherche 2 minutes notre agence avant de se rendre compte en regardant sur Google Map que c’est en fait à 50 minutes à pied. On n’avait pas vraiment regardé avant d’arriver à vrai dire, pensant que c’était direct dans l’aéroport. Coup de bol, on a même pas le temps de réfléchir à comment on va faire que Juliette voit arriver un bus avec écris dessus Alamo qui est tout juste notre compagnie de location de voiture. On va demander au conducteur qui nous dit « oui oui c’est bien moi qu’il faut prendre et c’est gratuit ». Bingo !
Après 10 minutes de bus, on arrive donc à l’agence de location et on est très vite au guichet. Là j’ai quand même un bon petit moment de stress, parce que mes frères (coucou Yannis et Mathieu) m’avaient dit qu’ils pouvaient ne pas accepter de carte de débit (on a que ça), et dans la fil d’attente y avait écrit que les cartes de débits n’étaient pas acceptées. Au final après un peu de temps à se comprendre avec la dame, tout a bien roulé et on a enfin pu récupérer notre voiture (on avait déjà tout payé en ligne avant). Le gars qui nous a emmené à notre voiture nous a en fait amené à une RANGÉE de voiture et on pouvait prendre celle qu’on voulait dans le lot. Y en avait bien une dizaine et on a jeté notre dévolu sur une Chevrolet Malibu, celle pour la quelle on avait payé à la base (« ou équivalent » 😉 ) même si on en a testé quelques autres rapidement.

Photo non contractuelle, elle date du lendemain
Ça y est, on a tout. Enfin presque … reste à récupérer notre AirBnb qui se trouve à 30 minutes de là. Avec le décalage horaire de New York, il était en fait 3h du matin pour nous, j’avais pas dormi dans l’avion et j’étais bien crevé, donc moyennement chaud de me faire toute cette route avec des codes de conduite que j’avais pas. Voiture que je connais pas, code de la route qui change un peu, c’est la nuit, dans une ville avec des freeway à 5 ou 6 voies … J’ai un peu crié dans la voiture des fois parce qu’on se trompait de route (désolé Juliette <3) mais on est finalement arrivé à « bon » port.
« Bon » entre guillemet parce qu’en arrivant, et dans mon état de fatigue j’ai vu tout de suite tous les défauts du logement. Une ampoule sur 4 sur le plafonnier, la cafetière avec des tâches de calcaire, la salle de bain vraiment pas terrible, la chasse d’eau qui fuyait (de manière interne, aucune flaque à l’extérieur) avant même qu’on arrive, générant donc un bruit continu, le lit penché avec pas de place pour faire pendre mon bras droit en dehors du lit (finalement résolu par le fait de dormir dans l’autre sens), pas de lampe de chevet, des dizaines de fourmis sortant du lavabo de la salle de bain. J’avais envie de me sentir chez moi en arrivant et là j’avais plutôt envie de partir quoi, dormir dans la voiture. Pour le coup c’est Juliette qui me disait « Mais sii il va être très bien cet appart, la journée on va bouger et on viendra juste dormir là donc on s’en fout ». Et ça m’a bien aidé, merci la copine. On a continué un peu de blaguer sur cet appart et puis au dodo, vite endormi et prêts pour le premier jour.
Jour 1
On se réveil assez tôt, vers 7h30 et on se met vite en quête de trouver un magasin à côté de chez nous qui nous permettra de nous faire couler un précieux café. On en trouve un qui semble très bien, et on s’habille rapidos pour aller y faire quelques courses. Magasin grande surface assez classique ou on arrive à trouver assez facilement tout ce qu’il nous faut pour se faire des sandwichs pour les midis et du café (chose surprenante, une brique de jus d’orange avec pulpe coûte 6$).
Le café fait, on se pose sur la terrasse (franchement en mauvais état) du Airbnb et on réfléchit au programme de la journée. On repère le Griffith Park qui contient plein de trucs intéressants. Un observatoire, le panneau Hollywood, un zoo, puis des randos dans la nature, ce qui changerait bien de New York. On décide donc d’aller se garer dans le Park sur le premier parking conseillé par Google Map et de là on regarde à combien de temps à pied on est de l’observatoire. 1h 20, parfait, on arrivera un peu avant midi, on pourra y manger. Sauf qu’on se rend vite compte qu’internet ne sera pas avec nous pendant le trajet et que Google Map nous montre notre itinéraire mais sans avoir chargé la carte … donc on se trompe à certains embranchement et la balade dure 40 minutes de plus. Quand Juliette se rend compte de ça, elle est au bout du bout. Faut dire qu’on marche quasi tout le long sur de la roche qui chope et renvoi direct la chaleur du soleil (il fait 32) et qu’on a 1 moyenne bouteille d’eau et une petite bouteille d’eau. Les 30 dernières minutes sont donc très dures mais on y est arrivé ! Faut dire que la balade était magnifique, on a avait une vue à 360 degrés sur Los Angeles qui s’étale à perte de vue, avec des montagnes au loin et un sentier bordé de cactus qu’on ne trouve chez nous qu’en jardinerie. On a aussi croisé de drôles de personnages sur la route avec leurs enceintes à écouter du son ou des podcasts, et une dégaine de type que tu croiserait normalement à un arrêt de métro en train de picoler. Mais non, eux étaient là à faire leurs balade pépouse, pendant qu’on galérait pas mal. On a aussi vu passer des gars faire le même sentier que nous en courant, ce qui a fait relativiser Juliette sur la dureté du bazar je crois.

Quelques minutes avant d’arriver à l’observatoire, on voit apparaitre une à une, derrière un sommet, les lettres « Hollywood ». Ces lettres qu’on a vu dans 1000 films et qui symbolisent pour beaucoup le rêve américain. Je crois, avec du recul, que ça m’a pas fait grand chose de les voir en vrai. J’ai pas grand chose à vous en dire en tout cas.

On arrive donc ensuite à l’observatoire, dont je me suis rendu compte que je le connaissais déjà puisqu’il y a une copie exacte dans le jeu GTA. Assez joli je dois dire, mais le plus joli c’est surtout la vue qu’on a depuis ici. La ville est impressionnante, des avenues droites dont on ne voit pas le bout, les canaux qui passent dans la ville qui ont été le théâtre de courses poursuites dans quelques films d’actions, les « ilots » de buildings parsemés par-ci par là. Faut le voir en fait.


On reste un petit moment ici, on y mange, on s’y repose et puis on se décide à aller à Santa Monica pour se baigner dans l’Océan Pacifique. Mais pour ça, il faut une voiture, qui est à 2h à pied d’ici. On sait que ça peut être moins loin maintenant en chargeant la map en avance avec la 4G qu’on chope de temps en temps ici mais quand même, c’est le début d’aprem, aucune envie de retourner sur ces roches brulantes. On cherche alors si y a pas des navettes qui déposent au parking d’ou on vient. Et dans l’observatoire on trouve un papier qui montre clairement un circuit de navette qui fait tout le tour et qui passe par notre parking. On attend donc la navette à laquelle je demande, quand elle arrive, « are you going to the parking lots ? » ceux à quoi la dame me répond « yes ». Cool, on embarque alors, en plus c’est gratuit encore une fois.
La navette avance, elle tourne pas là ou je pense qu’elle devrait tourner la première fois, ni la deuxième donc je vais la voir et je re-précise ma question en demandant si elle va bien à NOTRE parking lot, et là elle me dit que non et qu’elle sait pas si y a une telle navette, mais qu’il faudrait retourner à l’observatoire pour savoir. Bon tant pis, on en profite pour visiter un peu Los Angeles en bus, avec les superbes villa à 3 millions bordant le Griffith Park. À l’observatoire, impossible de trouver une navette qui irait à notre parking, mais il y a un endroit ou des gens se font déposer en taxi ou Uber. J’en chope un quand il dépose son groupe et lui demande si il peut nous déposer à notre parking, ce qu’il accepte. Ouf, on va enfin pouvoir retrouver la voiture de location.
De retour à la voiture du location, on prend la direction de Santa Monica, 40 minutes de routes. On se gare sur un parking au bord de la plage et juste à côté de la jetée bien connue.
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Oyé oyé ce texte est repris presque 2 jours après avoir été commencé. Nous sommes le 10 août il est 8h ici, votre jeudi prend fin chez vous quand le notre commence.
Donc ! La jetée. Santa Monica. Cette jetée je voulais la voir de mes yeux vus : c’est la fin de la route 66, on la voit dans plein de film, c’est l’arrivée incroyable sur l’océan pacifique. Comme toute arrivée sur la mer, c’est beau, il y a plein de restau, de gens et une fête foraine.

Ça c’est Forest Gump qui arrive sur la jetée après avoir traversé les USA en courant.

Ça c’est nous sur la même jetée
C’est à ce moment là qu’on pose le pied dans le sable et qu’on se sent vraiment sur la côte ouest. Alexis va se jeter dans les grandes vagues de l’océan même si ça dure pas longtemps parce qu’une fois sortie de l’eau, Alexis et la plage bon… il n’y a pas de barrage à faire (ou ça mettrait vraiment trop de temps), il y a du monde, il tourne en rond, il bouge dans tous les sens, bref on traine pas !
On a en tête Venice Beach depuis un moment, depuis la préparation du voyage d’ailleurs, de France on regardait de longues heures la caméra qui filme en direct la plage, la rue pietonne qui la borde et le skate park. C’est ce fameux Skate Park qu’on a en tête car il correspond à l’imaginaire qu’on se fait de la vie sur la côte ouest américaine : des plages, des palmiers, l’océan et la culture skate. Je parle pour Alexis mais je crois qu’ado quand il achetait déjà des vans, des baggy et qu’il se cassait des os avec sa planche à roulette, c’était à ces mecs là, dans les bols de Los Angeles, à qui il voulait ressembler. On s’imagine ces bandes de gars, casse cou qui seraient un mix des membres des Red Hot et des jackass, mi-punk, mi-surfeur, idiots à souhait mais sacrément doués, des gars qui passeraient leur journée au soleil, la peau tannée et tatouée, à vivre pour l’océan, les potes et leur planche. C’est exactement ce qu’on a trouvé quand on y est allé en vrai, voir ce skate park : des bandes de mecs qui roulent très vite, qui font des figures de professionnels, qui rient beaucoup, qui se tapent sur les épaules, qui boivent des bières avec leur bande et leurs chiens. Je crois qu’on s’est rendu compte à ce moment là de l’une des limites des voyages : on avait imaginé, on avait décidé d’aller voir, on y était, on voyait mais on s’apercevait que ce qu’on aurait vraiment voulu ça aurait été de faire partie des leurs. On les regardait de derrière une barrière avec une armée de touristes surement venue pour les mêmes raisons que nous (quelle horreur d’imaginer que nos rêves étaient exactement les mêmes que ceux d’une foule), et soudain on était frustré·e de ne faire que regarder. Ce qui nous faisait vraiment rêver au fond, quand on avait programmé de venir ici, c’était de faire partie de la bande, de fumer des clopes avec eux, de trainer des heures avec eux, de se faire mal avec des skate avec eux. Et les touristes française de passage ici 3 jours ne pouvaient pas réaliser ce rêve là. Alors on a regardé de derrière la barrière en se disant que quand même, ça existait pour de vraie et que merde c’était vraiment stylé. Tout ici est un peu comme ça, comme un décor de cinéma, on a tant vu ces décors partout, on ne sait plus, quand on y est, si c’est réel ou si c’est un décor en carton pâte. On ne sait pas si on marche pour de vrai sur de vraies routes ou si on est les figurant·es d’une grande production d’Holywood qui va s’exporter dans le monde entier pour vendre le grand rêve américain.
Bon si vous êtes pas fan de skate et que tout ce que je viens de vous raconter vous fait juste penser à une bande de dégénérés crados, le couché de soleil sur l’océan et la plage vaut le coup dans tout les cas.
Voilà ce qu’ on a fait
Los Angeles – J2
- 07 au 11 août
Mercredi 9 août
Aujourd’hui on va aux studios Universal. Genre à Holywood. Genre là où on tourne quasiment 80% des films que nous voyons. J’ai l’impression d’avoir 8 ans, même si je sens que je suis en train de m’enrhumer (vraiment il faisait 15° dans l’avion vers Los Angeles, faut arrêter), je me dis que cette journée va être dingue.

Déjà sur la route on passe devant les bureaux de Netflix, genre avec les humains qui bossent pour Netflix dedans et puis après on arrive dans un amas de parking (à 30$ si non c’est pas l’Amérique) et je comprends que ça va être Disneyland. On a pas beaucoup d’expérience en terme de parc d’attraction, j’ai un vague souvenir de Disneyland à Paris et ça se résume principalement en la perte de mon doudou dont la légende dit (c’est à dire ma mère) qu’il a été adopté par Tic et Tac (les salauds). Alors on est un peu impressionné, quand Alexis est impressionné ou qu’il y a trop de monde c’est un peu comme si son oreille interne se mettait à beuguer, il tourne sur lui même, il tangue et il a le regard un peu vide. Si vous avez l’occasion un jour d’aller dans un centre commercial avec lui vous vous retrouverez surement avec un type qui regarde le plafond et qu’il faut tenir par le bras comme un zombie (ceci est une vraie recommandation pour un futur voyage). Ça a donc donné ça quand on est entré dans Universal et qu’on est tombé face à une reproduction parfaite du village d’Harry Potter. Il a erré un moment en répétant « C’est Harry Potter » et puis il est revenu à la vie mais pendant la moitié de la journée, on finissait inlassablement dans ce village (dont j’ai oublié le nom pardon… je sais que si nos potes passent par là et lisent ça ils vont encore dire que vraiment, quand même ! Harry Potter ! Pardon…). On a même mangé dans une grande maison qui ressemblait à une taverne médiévale avec des balais partout et où les serveurs prenaient nos commandes avec une grande plume (en vrai, le serveur nous a raconté qu’il faisait des études de graphisme, pas un magicien donc, tout est carton pâte ici je vous dis !).


Le meilleur de la journée (avec l’attraction Waterwold mais faut lire jusqu’à la fin pour la découvrir, on est à Holywwod, nous pratiquons l’art du teasing), ça a été la visite des studios. Pendant une heure on a traversé, en mini-bus, tous les décors où des films et séries ont été tournées : Desperate Housewifes, Les dents de la mer, les westerns, enfin tout quoi ! Bon parce que c’est un parc d’attraction quand même ils nous ont fait passer dans des tunnels avec des écrans 3D où on voyait les dinosaures de Jurassic Parc nous foncer dessus et comme je vous disais, je suis pas habituée, j’ai crié et j’ai fait mal au bras d’Alexis. Et puis ils nous ont simulé l’immersion sous l’eau d’un village mexicain en direct, et vraiment ça a fait son effet, je suis très bon public :
Après ça on a fait des attractions sur lesquelles Alexis est très critiques : des films avec les sièges qui bougent (pfff) et des faux magiciens qui font bouger des baguettes (tsss). J’en parle pas plus parce que j’ai peur de remettre une pièce dans la machine et qu’il me redise à quel point vraiment c’était naze. On a aussi attendu 1h30 pour l’attraction Jurassic Park, les panneaux disait « very wet » et « extremly hight » ce qu’on peut traduire par » vous allez souffrir ». Je tiens à dire que j’ai fait ça par amour parce que déjà les trucs en 3D d’avant m’avaient un peu traumatisé alors là le petit wagon et les chutes dans l’eau j’étais moyen chaud. Après coup je dois dire c’était rigolo, c’était court et heureusement parce que après ça aurait été moins rigolo. On a pas acheté la photo de nous en train de nous figer dans ce fameux wagon au moment où on tombe de vraiment très haut mais en gros ça faisait peur, ça coupait le souffle et on était heureux quand c’était finit.
Il y avait aussi le décor des Simpson, de films d’animations pour enfants et de Moulin Rouge avec une reproduction des rues de Paris où je crois qu’ils se sont un peu emmêlés les pinceaux entre la France et l’Italie parce qu’ils proposaient des photos sur des Vespa devant des faux magasins de fleurs (apparement pour eux il y a beaucoup de fleuristes chez nous…).
Et puis il y a eu WaterWorld… ( ça y est on y est, vous avez bien fait d’être resté·e). Deja le décor était fou, tout en structure métallique et en eau avec des mecs en scooter des mers. Les acteurs commençaient par arroser les premiers rangs, des mecs sont rémunérés pour balancer des sceau d’eau sur des gens qui ont payé leur entrée 150$. C’est un vrai job. Au début c’est impressionnant : les gars tombent dans l’eau de 10m de haut, ils font des figures en jet ski, ils ont des armes à feu qui font des grosses étincelles. Et puis après ça monte d’un level : des bidons d’essences prennent feu, des structures entières tombent, ça sort des bazouka. Et encore après ça devient vraiment la décadence : l’eau prend feu et un avion passe à travers le décor pour venir s’écraser dans l’eau, un avion ! Genre un vrai avion ! On s’est regardé avec Alexis et on était littéralement bouchés bées, tout le monde se regardait avec la bouche ouverte d’ailleurs. Parce qu’un avion venait de s’écraser !

On se dit qu’on comprend les acteur·trices des films d’actions Holywoodien, tout est possible. C’est comme quand on était petit·e, dans sa chambre et qu’on s’inventait des histoires, sauf que là notre chambre est métamorphosée et que tout semble vrai. On peut tomber dans l’eau, ressusciter, marcher à Paris, Venise, changer d’époque, vivre dans un manoir ou dans une cabane mexicaine. Je comprends pourquoi ça fait rêver le monde entier.
On est sorti de là rincé·e, 10h après y être entré·e, mon rhume a repris le dessus et après avoir avalé des Noodles en sachet on s’est effondré·e.
Demain it’s the last day in LA !
Los Angeles – J3
- 07 au 11 août
Réveil tranquille aujourd’hui. Juliette levée avant moi comme souvent. On vaque un peu à nos occupations, avec notre fidèle tasse de café du matin et quelques spéculos qu’on avait dénichés dans un CVS (rappel: c’est une pharmacie là bas). On gère en même temps quelques histoires avec nos animaux. Juliette à sa maman au téléphone parce que Buster voulait pas sortir de la voiture de Kéko (le copain de Louise, la soeur de Juliette) et a mordu Louise quand elle l’a chopé au collier pour tenter de le dégager de là. Inquiets sur le moment, la trace de morsure a en fait disparu rapidement (déso loulou). Pendant ce temps j’avais Pascal au téléphone pour voir quand il allait passer voir les chats ce week-end. Céline (merci encore <3), une amie de Juliette est passée cette semaine mais n’a pas vu Jim, donc Pascal a bien voulu rester un moment demain chez nous, dans l’espoir qu’il apparaisse au bout d’un moment. (Merci copain <3, il doit rester à boire dans le frigo).

Buster, fixe, souhaitant bien resté là ou il est sans qu’on vienne l’embêter.
J’avais un peu la flemme d’écrire ce soir, parce que ça prend du temps et là, j’en prend pour raconter des histoires qui n’ont quasi rien à voir avec la Californie. On se recentre.
La veille (non mais je pars où encore, enchaîne !!), pendant que Juliette dormait, j’ai pris le temps de faire les comptes pour resserer un peu le budget des prochains jours. La journée à Universal n’était pas vraiment prévu et à couté un petit bras. J’ai aussi prévu notre itinéraire d’aujourd’hui qui consistait à se faire d’abord Los Angeles Downtown, puis Hollywood Boulevard et tout ce qu’il y aurait dans le coin pour finir à la plage avec Venice Beach qu’on a vraiment adoré et qu’on veut refaire.
DONC.
Pendant que Juliette finit de rédiger le jour que j’avais pas terminé (cimer sista) puis de rédiger son étape à elle, je range un peu et prépare des sandwichs (voir plus haut l’histoire du budget). Fin prêt, on embarque direction Los Angeles Downtown, pour faire du shopping et voir ce qu’il s’y trouve, c’est quand même le quartier historique.
Los Angeles Downtown
Eh bah c’est tout pourri. Y a pas d’âme, les rues sont vides, avec quelques gens louches, ça pue, c’est moche, j’aime pas. J’aime pas et en même temps, je me rend compte de ce qu’est vraiment Los Angeles. Los Angeles c’est pas les paillettes, turlutu et la villa à 3M. Y a ça oui, on l’a vu vers le Griffith Park notamment, mais globalement, une grosse partie du reste c’est de la pauvreté, et au coeur même de Los Angeles. On voit par ci par là, dans le centre, quelques tentes avec des mecs qui se font des fixs à côté. On trouve tout de même une super librairie / disquaire / micros ateliers d’artistes avec vente de leurs objets en direct. C’est assez classe et on trouve des vinyles à 3$ qui nous paraissent pas trop mal. On fait assez vite le tour au final, parce qu’une librairie en anglais … c’est un peu compliqué pour nous.

Un des autres trucs qu’on a trouvé de bien la bas, c’est le Central Market. Un hangar énorme avec des dizaines de stand de nourritures de tous les pays. Y a du monde, ça fait du bien après ces rues vides, et l’ambiance est chaleureuse. Par contre, on a 2 sandwichs chacun dans notre sac. On passe donc notre tour pour cette fois-ci. Si on repasse à Los Angeles, on y refera un saut par contre, avec un gros budget et trois jours devant nous pour tout essayer. En sortant on voit aussi un mini funiculaire orange, qui (en cherchant sur google) est assez ancien mais n’était pas à cet endroit là avant, il y a seulement été déplacé. Il semblait un peu perdu dans cette rue et menait simplement en haut à un complexe de petits buildings. Montée sans trop d’intérêt donc on l’a pas pris.

Central Market
Là on s’est demandé si ça valait franchement le coup de prendre le temps de dénicher la parle rare qui nous manquait dans ce quartier, et en regardant un peu les tops des trucs à faire dans le coin sur internet, y a trop rien qui nous a parlé, surtout des musées en fait. On décide donc de bouger vers un des boulevards les plus connus. Oui vous l’avez sur le bout de la langue ! Non … pas le boulevard Malesherbes, faut arrêter le Monopoly. Hollywood Boulevard avec le Walk of Fame ! On voit aussi que Sunset Boulevard et Melrose Boulevard sont pas très loin donc on met tout ça dans notre GPS et go.
Hollywood Boulevard
Je sais bien ce que vous allez dire quand vous aurez lu la suite, Alexis t’es un rabat-joie, t’es à Los Angeles et tu râles ! Alors déjà je râles si je veux et ensuite, 100% sur que l’avenue vous aurait choqué aussi.
C’est encore une fois terrible. Un rue énorme, pavé d’étoiles de star d’Hollywood, pendant que certains sont en train de voir d’autres genre d’étoiles directement sous leurs tentures. Alors y en a pas tous les deux mètres non plus, je veux pas donner l’impression d’exagérer. Mais l’ambiance de cette rue est triste. J’vais franchement pas épiloguer sur cette rue, c’est aussi décevant et déprimant que le Downtown, et c’est vraiment terrible de voir toute ces personnes dans cette situation. On reste pas très longtemps au final et on retourne à la voiture pour aller vers Melrose Boulevard essayer de dénicher quelques vêtements ou quoi.
Ah si ! Au tout début de la rue, on a trouvé un super magasin qui vend pleins de choses en rapport avec la musique ou les films. Une photo pour voir la taille du truc, on est reparti avec quelques bricoles.

Melrose Boulevard
Là je vais pas râler promis ! La rue est super longue et est fleurie de magasins sur chaque trottoirs. Y a plein de boutiques avec des fringues Vintage ou d’autres avec des créations d’artistes locaux. On flâne un peu la bas puis on se rend compte que si on veut pouvoir piquer une tête dans le Pacifique il faudrait pas trop traîner. Le soleil se couche à 20h la bas en aout, y a pas le décalage horaire.

Melrose Boulevard, très mignon et clean
Venice Beach, le retour
En vrai, conseil d’ami, si vous devez aller à Los Angeles et que vous avez les moyens, prenez vous un hôtel dans le coin de Santa Monica. Vous pourrez faire en une ou deux journée les quelques trucs cool à faire un peu plus au Nord-Est dans Los Angeles, comme le Griffith Park qu’on a vraiment trouvé super, mais sinon c’est vraiment un endroit de vacances « classique » tout en étant dépaysant. Dépaysant par les gens qui s’y trouvent. Par les différents stands que l’on trouve tout le long de la promenade, par ces skateurs (alors j’avoue c’est un peu biaisé ayant moi même fait et adoré le skate) qui font des tricks de fou, par ces vagues dans lesquels on prend plaisir à se jeter, ou juste cette plage avec le coucher de soleil rosé. On peut aussi juste regarder les gens faire du patin à roulette en dansant sur de la musique, ou en louer, pour en faire soit même. On peut aussi regarder des gens faire de la muscu sur du matos de salle, mais dehors, au début de la plage (ça à l’air bizarre comme ça, mais vous l’avez pas vu faire des pompes sur des barres en métal l’autre !). Marchez une petite quarantaine de minute et vous serez à la jetée de Santa Monica avec ces quelques attractions ou restaurant bien américains. Et encore, on n’en a vu qu’un petit bout.
Comme d’hab en vacance, on effleure simplement la vie ici, sans rentrer vraiment dedans. Mais c’est bien, ça fait des rêves en plus. Un jour tu rêve d’aller voir ce que ça donne là bas, de l’autre côté de l’océan, puis une fois que tu y es tu rêves un peu d’y vivre ou d’y avoir vécu. Qui sait, on a bien réussi à déménager à Claveyson dans la Drôme, alors Venice Beach même pas peur !

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Retour au Airbnb ou on a passé bien 30 minutes à chercher une place pour se garer parce que le vendredi matin de 8h à 12h dans les rues à côté de chez nous, y a un côté sur lequel tu peux pas te garer, donc très vite plus de place. Pour finir, on s’y est mit, de ce côté, et je me lèverai juste plus tôt, comme un grand, pour aller bouger la voiture en espérant que les voisins soient parti travailler plus tôt. Feignasses non mais oh, y en a qui voyagent ici.
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Demain, départ pour Santa Barbara, première étape de notre road trip sur la route 1 de la Californie. On a hâte, je crois qu’on a assez vu de ville pour le moment. À demain.
Santa Barbara
- 11 au 13 août
Vendredi 11 août
Aujourd’hui on part en road trip ! On a dit au revoir à notre air bnb sans grand regret au volant de notre chevrolet Malibu ! Nous entamons la remontée de la côté jusqu’à San Francisco où nous devrions arriver le samedi 19. C’est aussi la moitié du voyage, voilà deux semaines que nous avons quitté la maison de mes parents et c’est dans deux semaines pile que nous y retournerons.
Alexis et moi on aime bien les voyages en voiture, c’est pas écolo, ça prend du temps, ça coûte de plus en plus cher mais des trajets de nuit avec mon père au volant où je m’endormais petite, aux conversations que j’ai eu avec ma mère adolescente dans sa Lancia jusqu’aux virées folles avec Pascal ou Johan, j’ai toujours adoré partir en voiture. On longe l’océan durant une heure, sur la route 1 qui est connue pour ses points de vue fous. Aujourd’hui il bruine un peu mais on s’en fout, on roule en direction de San Francisco.

Ce qui est bien quand on est en voiture c’est quand s’arrête quand on veut, aussi longtemps qu’on veut. Alors quand on voit le panneau Malibu, on trouve un parking, une plage et on s’installe sur notre serviette pour regarder les surfeurs. Ils ont remplacé les skateurs ici, ils enfilent leur combinaison sur la plage, lustre leur planche un moment et puis attendent au loin dans l’océan, longtemps… Parfois ils prennent une vague, puis non, puis si et ça dure quelques minutes avant qu’ils se remettent à ramer pour attendre de nouveau.

Bon sur la suite de la route faut que je sois honnête, il est possible que je me sois un peu endormie, mais comme je vous ai dit dormir dans les voitures ça remonte à l’enfance ! On est arrivé.e à Carpinteria vers 14h, c’est une petite ville côtière à 15min de Santa Barbara où nous logeons. Avant d’aller à l’appartement nous marchons dans la ville incontestablement différente des deux immenses villes que nous avons visité jusqu’à maintenant (New York et Los Angeles si vous suivez). C’est exactement l’image que l’on se fait d’une ville tranquille américaine, les maisons sont blanches, les trottoirs très propres, sur les grilles du Lycée on soutient les « Bears », l’équipe de baseball, les gens marchent en famille et roulent au pas. Nous trouvons un restaurant avec banquette en sky et photo de vagues aux murs. On mange des salades énormes parce qu’on en a un peu marre de la friture et quand on demande du pain on nous ramène des toast grillés avec de la confiture. Ils sont fous ces américains.

Alexis qui trouve ça très bon finalement les toast sucrés avec la salade.
L’appartement où nous logeons est dans un quartier calme, un peu en hauteur, les maisons autour ont des jardins avec des cactus, parce qu’ici c’est ce qui pousse et nous nous garons au bout d’une allée très calme. Alexis pousse un soupir de soulagement quand nous poussons la porte : il y a des tapis au sol, un table en verre avec de gros fauteuils, une bibliothèque et puis aussi une salle de bain propre avec des tableaux de palmiers et même un petit patio luxuriant avec des sièges stables.

Comme on s’y sent bien, qu’on est content·es de notre choix, un peu fièr·es sans vraiment se le dire d’avoir organisé tout ça, on reste à trainer là un moment. Deux semaines de voyage c’est long pour les casanier·es que nous sommes mais étrangement nous n’avons jamais eu l’envie irrépressible de rentrer, on est toujours un peu ahuri·e d’être là, de vivre ça, de le faire ensemble aussi.
Alors on repars prendre la route pour aller jeter un coup d’oeil à Santa Barbara. C’est un peu un St tropez qui aurait été construit par des Espagnols. Les gens sont habillés en blanc, ont entre 40 et 65 ans, il y a beaucoup de restaurants avec de vrais plats cuisinés et pas juste des frites ou du fromage fondu et des magasins « de créateurs » avec des vêtements cher.
L’information capitale à retenir de cette expédition en ville c’est que Alexis s’est acheté un skate. Vous allez me dire quelle idée mais on est en Californie et puis Venice Beach, le rêve américain tout ça tout ça, bref maintenant on a une planche à roulette dans le coffre ! Il y avait aussi des patins à roulettes mais je me suis retenue… Je me suis imaginée rentrer à Claveyson avec mes patins rose pastel et je me suis sentie un peu bête.
Vers 19h la ville s’anime, faut dire que les gens mangent à cette heure là – ce qui casse direct l’image espagnol des lieux -, ça chante dans les bars, ça fait tinter les verres en terrasse parce qu’ici oui il y a des terrasses ! Les joies des villes du sud…

Après avoir nous aussi bu un verre, on va jeter un oeil au skate park en prévision de la journée de demain.
Promis on vous envoie des photos de la dite planche à roulettes avec Alexis dessus !
Gallerie
Santa Barbara – J2
- 11 au 13 août
Samedi 12 aout
On se lève tous les deux tard ce matin. Il est a peu prêt 9h quand on ouvre les yeux alors que j’avais mis des réveils vers 7h30, histoire de de profiter à fond de la journée. Ma vieille habitude automatique des jours de travail à repris le dessus, et j’ai machinalement repoussé tous mes réveils. Et le petit studio est bien, le matelas et les draps sont bien. On est bien. Donc on repose nos jambes qui ont pas mal marché ces derniers temps. On traîne un tout petit peu avec le café du matin, puis on prend la voiture direction le brunch prévu à Santa Barbara, D’Angelo Bread.
Le lieu est top, juste dans une rue perpendiculaire à la State Avenue dans laquelle on a déambulé la veille et pas très loin de Skate’s Point, le skate park en bord de plage. Juliette prend un « American Breakfast », à savoir du jambon, des pommes de terres rôties, du pain toasté, des oeufs pochés et de la confiture et moi je prend une grosse tartine de pain perdu avec des tomates, oeufs pochés et bacon bien disposés dessus. Ce petit dèj est aussi élégant que cette ville. Ça change de certains matins à New York.


Sourire à peine forcé à ma demande
La serveuse propose de remplir nos tasses de café vidées et nous demande d’où on vient, on répond « la France » et elle à l’air ravie. Je me demande ce qu’elle imagine en pensant à la France et qui la ravit tant.
***
Une fois le ventre plein j’ai qu’une idée en tête – en fait depuis le réveil même – c’est d’aller essayer mon skate. Après un passage dans une boutique pour choper une serviette de plage supplémentaire on arrive enfin au Skate Park.

Il est juste en bord de plage et on peut voir au loin les montagnes. Franchement, comme cadre on peut faire difficilement mieux. Je commence donc à tâter un peu ma planche et le terrain pendant que Juliette reste un peu à me regarder. Je règle ma planche en vissant et dévissant les trucks (les parties en métal sur lesquelles viennent se mettre les roues et qui est relié à la planche), parce qu’au départ je zigzag dans tous les sens et c’est vraiment pas stable. Je roule juste au sol histoire d’être à l’aise au début, puis je m’élance depuis les rampes les plus petites. C’est pas facile de reprendre après des années sans skater, je suis pas très stable sur la planche et j’ai l’impression que tout le monde me regarde galérer. C’est certainement faux, mais c’est pas très agréable comme sensation quand même .. Peut importe, je continue et m’élance des rampes plus hautes, comme avant quoi. Juliette part pour la plage, juste à côté.

Je reste un moment ici, quasi 2 heures, en parlant de temps en temps avec quelques autres skateur. Je demande à un « where do you come from? » et il me répond « France ». « Ah mais t’es français enfait, cool je vais pouvoir parler normalement ». On rigole un peu, il me dit qu’il a déménagé là y a pas longtemps avec ses parents. J’ai envie de savoir ce qu’ils font et en même temps, il est en train de fumer de la weed avec un type qui à l’air déjà bien sous les effets de cette dernière .. je les laisse entre eux, ça m’intéresse pas trop.

Complètement assoiffé et en sur-transpiration après quelques gamelles, je décide de rejoindre Juliette sur la plage. 3 minutes après j’arrive à sa serviette et elle me regarde et s’écrie : « Non mais t’es tout rouge, t’as fais une insolation ou quoi ! ». C’est vrai que j’avais chaud chaud. Je fais un peu l’enfant en lui disant que j’ai plus rien à boire, ce à quoi elle me répond qu’elle va aller en trouver. Elle me donne la casquette qu’elle avait sur la tête pour la poser sur la mienne et me dit d’aller dans l’eau.
Il a suffit d’une planche de skate pour que je retourne en adolescence et me comporte en tant que tel. J’lui en dois une là.
Juliette de retour de sa quête pour trouver de l’eau, me tend une bouteille bien fraiche que je vide rapidement. On se demande l’un à l’autre ce qu’on a fait depuis tout ce temps de séparation. Eh oui, en fait depuis le début de ce voyage on a jamais été séparé plus de 20 minutes je pense (hormis le coup dans l’aéroport à New York) ! Juliette a principalement lu sur la plage, je lui raconte mes tentatives et lui montre mes égratignures. On reste encore là un moment, puis on décide d’aller marcher sur la jetée juste à côté. On y prend une glace, cookie cream, en regardant le paysage. (tiens truc rigolo, au loins y a plein de plateformes offshore pour choper du pétrole, je sais pas si c’est hyper intéressant pour vous, mais on a pas l’habitude d’en voir en France). Je retourne à nouveau au Skate Park, et Juliette à la plage. Des tricks (ou quelque chose qui y ressemble) pour moi, de la lecture pour elle et je la rejoins à nouveau en lui montrant mes 2 nouvelles égratignures.

On check un peu si y a pas de spots pas loin ou regarder le coucher du soleil, mais on trouve rien de probant, donc on part faire deux trois courses pour manger le soir et on rentre à la maison. En arrivant au studio on se rend compte qu’on a pris de jolis coups de soleil et que ça va bien chauffer cette nuit. Mais c’est pas grave, on a bien profité aujourd’hui. Un pot de noodles prêt en 3 minutes, des cookies et de la compote comme repas et on file se mettre dans le lit pour bouquiner pour Juliette et pour écrire ces quelques lignes pour moi !

bon je vois ma tête là avec mes petits yeux et l’air ahuris, et tout à l’heure j’ai parlé du gars avec la weed. Juré c’est juste la journée à skater (à 31 ans)
Tout ce texte pour raconter qu’on a mangé, fait du skate et de la plage. Dans une carte postale pour nos mamies ça donnerait un truc du genre : « Mamie, j’espère que tout va bien pour toi, ici en Californie tout va bien, on brunch, on fait du skate et on va à la plage. Je te fais pleins de gros bisous. Alexis. »
Ah bah voilà ce que je vais mettre dans ma lettre demain (blague, je lui parlerais aussi des palmiers).

Santa Barbara c’est finito, demain on part pour San Luis Obispo !
PS: Ils ont des gros paquets de chips ici (je peux mettre ce PS dans la lettre à ma mamie vous croyez ?)

San Luis Obispo (comme le chanteur)
- 13 août
Dimanche 13 août
On se croirait vivre ici. Peut être qu’on y est un peu arrivé, après plus de deux semaines de voyages : à s’incruster dans le paysage. Les premières fois où je me suis mise à fréquenter des gens j’avais 16 ans et je passais des après-midi au skate Parc du Teil d’Ardèche à regarder un gars avec trop de cheveux sur sa planche. 15 ans plus tard , un dimanche après midi du mois d’août m’y revoilà, juste quelques kilomètres plus loin.

Il y a des gens qui font la route des vins ou le tour des châteaux de la Loire, nous on a décidé de faire celui des skate parc. Celui de San Luis Obispo est au milieu d’un parc, à côté d’un terrain de basket. Il est assez grand et très calme. Au loin on voit des montagnes basses, arides et juste avant, des maisons comme ils font part ici, en bois, comme dès bungalow, souvent peintes en vert. Quand nous arrivons vers 17h, il y a quatre ou cinq personnes d’une vingtaine d’année et un monsieur d’environ 70 ans. Je me demande ce qui l’a motivé à apprendre le skate à son âge, pour qu’elles raisons il a enfilé toutes ses protections chez lui, a conduit jusque là et a tenté inlassablement pendant une heure de tenir stable sur une planche qui roule. Peut être qu’on a tort de se dire qu’à partir d’un moment on ne doit plus rien apprendre.
Au moment où j’écris je suis assise à l’ombre d’un arbre dans ce parc et je vois Alexis au loin se faire alpaguer par un mec d’une quarantaine d’années qui a l’air un peu fou et lui parle très fort.
Des adolescents passent à toute allure, avec des têtes du genre à jouer dans Éléphant de Gus van Sant.
Alexis me revient à intervalles réguliers en se frottant les anches, le genoux, le coude. Il me montre ses blessures, me dit que aïe, ça pique, ça cogne, ça a tapé. Après il vide la moitié d’une bouteille d’eau. Et puis encore après il repars comme si finalement non en fait ça allait vachement bien.
C’est étrange les sons qu’il y a dans un skate parc. Le bruit des roues qui grattent le sol, du pied qui accrochent l’asphalte et puis de la planche qui tombe, grince, racle, se retourne. Il y a le bruit des gens aussi, parfois des vrais mots « oh gosh », « fuck me » ou « yeah » mais surtout des gémissements de rage, de déception, de satisfaction. Des bruits qui claquent dans la bouche, qui fusent entre les lèvres et qui accompagnent souvent assez bien le bruit du sol.
Il fait bon, le vent souffle un peu, ici on ne sent pas l’odeur de l’océan mais on comprend pourquoi les collines au loin sont si sèches avec ce soleil tout blanc.
**************
Ce matin nous sommes parti·es de Carpinteria et de notre chambre en forme de cocon. On a pris la route en forçant le GPS à rester sur la route 1, celle qui longe l’océan mais qui prend plus de temps. Petit à petit le sol est devenu tout doré de ces herbes courtes et brûlées. On voit toujours ces nuages qui persistent ici le matin, alexis dit que c’est l’air du désert qui rencontre l’air de l’océan. C’est pour ça que quand on se lève il fait froid et qu’après on rentre à la maison les épaules écarlates.
On a mis notre playlist fabriquée pour notre route jusqu’en Bretagne l’année dernière et on a roulé comme ça une grosse heure.
On a traversé des villages qui ont la taille de nos villes avec beaucoup de maisons symétriques, une tonne de trucks, des façades de restaurants mexicains et puis après de nouveau les montagnes désertiques.
Attendez Alexis revient en se tenant le dos je reviens.
Où on en était… ah oui ! La route ! Vers 12h30 on mourrait un peu de faim et on a trouvé, sur le bord de la route, un vieux bus retapé en dinner. Rock’n roll dinner. Ça s’invente pas. Nous avons enfin mangé des burger sur des banquettes en cuir rouge avec des mini juke box sur la table.

Quelques kilomètres plus tard on s’est arrêté dans une ville côtière qui devait être un équivalent de Palavas les flots. Ils faisaient griller de la viande dans un barbecue de 2m qui enfumait tout le quartier, chaque maison avait son drapeau américain, les voitures faisaient la taille de deux chevaux empilés et surtout ils allaient avec sur la plage. Les vagues étaient belles, le sable s’étendait à perte de vue et à 5m de l’écume il y avait une rangée de 4×4, coffre ouvert, toile de tente dépliée, serviette tendue pour faire de l’ombre. Certains étaient coincés, embourbés dans le sable, et j’ai pensé très fort que c’était vraiment bien fait pour eux.
Hier on a regardé un extrait de Confessions intimes où un type passait sa vie dans sa BMW, j’imagine qu’il s’agit ici du même genre d’amour : tant d’affection pour sa voiture qu’on veut l’emmener partout avec sois, y être collé, en sentir l’odeur, l’avoir à porté de main. J’essaie de pas être là meuf snob qui boudait la nourriture dans des boites en plastique a New York ( si vous avez pas la ref, c’est dans un épisode précédent de cette série palpitante) mais c’est dur de pas penser que ces types sont des trous du cul.

Vous en faites pas pour alexis hein ! Pendant que j’écris il a eu le temp de presque se fêler une côte mais là il discute avec un type, un des plus doué, je crois entendre du français sans être sure.
On a pas traîné dans ce petit paradis de la carrosserie et 30 minutes plus tard on était à san Luis. C’est une petite ville très calme, avec de grandes rues larges bordées de maisons en dures. Quand nous arrivons devant la maison où nous logeons, un couple d’une soixantaine d’années nous ouvre la porte en nous parlant un français qui tente sa chance. On a posé nos valise, repris nos esprit un petit moment et puis nous voilà dans ce skate parc. Troisième visite, deuxième teste.

Nous avons finit par décoller vers 19h, ici il se met à faire franchement froid dès que le soleil descend. Alexis avait réussi quelques jolis tricks, sympathisé avec la moitié des gens présents, de mon côté j’avais avalé la moitié de mon livre, écrit tout cet article, on avait rentabilisé notre aprem !
Nous sommes parti·es en quête d’une superette pour compenser l’argent dépensé au dinner ce midi par un casse croûte ce soir et là il s’est passé un miracle.. Du genre de ceux auquel on ne croyait plus. Après 8min de route, à peine, on est rentré dans une grande surface avec des tailles de rayons normales, des fruits, plein, frais, des légumes aussi et puis ça sentait l’huile essentielle, la nourriture faite à base de trucs qui poussent dans la terre grâce au soleil et à l’eau. Un miracle je vous dis.
Dans les rayons frais il y avait de l’houmous, des salades fraiches avec de la fêta, les produits étaient dans des proportions raisonnables, pour une ou deux personnes, du genre qui rentrent dans un placard d’humain normalement proportionné. J’aurai voulu m’allonger là, fermer les yeux et m’imaginer un moment être dans le salon de chez mes parents avec ma mère qui prépare le repas. Ça fait 15 jours qu’on est là, parfois ça se sent.

C’est beau hein !
Une fois rentré·es, nous nous sommes assi·ses à la petite table de la terasse, tel·les deux retraité·es et on s’est bu une bière en se félicitant de cette journée rondement menée. Puis on a mangé nos salade équilibrées en massant nos coups de soleil.
Demain nous reprenons la route !
Monterey
- 14 août
J’ai mal. Et j’ai assez mal dormi.
On se réveil vers 7h30 ce matin en s’étant couché assez tôt (genre 23h grand max), mais la nuit a été coupée à cause de mes différents courbatures ou hématomes douloureux, surtout le coup à la cage thoracique qui m’empêchait de dormir sur mon côté préféré ou même sur le ventre. Je crois que c’est simplement musculaire, mais j’espère au fond que je me suis pas fêlé une côte ou je ne sais quoi. Quoi qu’il en soit, je retiendrais de cette histoire qu’on ne chute plus en skate comme quand on a 15 ou 20 ans. Quand on tombe on a l’impression d’être un espèce de morse quand il saute de l’océan pour se poser lourdement sur son petit ilot de glace. Sauf que moi, malgré mes quelques kilos en plus depuis mes 20 ans, j’ai pas autant de gras pour amortir le choc.
Ce matin, on avait prévu d’aller gravir le pic qu’il y a juste derrière la maison ou on loge. Ça devrait prendre deux heures, juste le temps qu’il faut donc pour rentrer, faire nos affaires et rendre les clés.

Cette petite rando matinale est super. On sait qu’on met environ une heure pour monter donc tranquille, et qu’en plus on sera dans l’ombre pendant la quasi totalité du chemin aller. Le sentier se fait tout seul et on entend quelques bruits dans les fourrées en espérant que ça ne soit pas les fameux « rattle snakes » (serpent à sonnette) qu’on a vu sur les panneaux à l’entrée.

On marche d’abord 20 minutes sous les arbres puis on sort du côté ou le soleil se lève. C’est de courte durée le temps de faire le tour de cette petite montagne, et d’arriver de l’autre côté. Comme tous les matins jusqu’ici sur la côté ouest, il y a encore ce brouillard dans la plaine en bas.

Plus on avance, plus la vue est belle. On voit San Luis Obispo en bas, parfaitement quadrillée et délimitée. Par rapport à nos villes ou villages français qui s’évanouissent petit à petit dans le décor avec des maisons par ci par là, ici il y a une rue finale avec une rangée de maison et derrière plus rien. De l’autre côté on voit un gros complexe qu’on comprend être une prison. Mais surtout partout autour, on a ce paysage aride et sec avec de la verdure seulement sur les quelques pics qui parsème le coin, quoi celui qu’on gravit.

Une fois arrivés au sommet, le brouillard a quasiment disparu et le soleil est déjà bien haut. On reste 15 minutes ici à contempler le paysage et on redescend.
On rentre, on range nos affaires et on part direction Morro Bay à une vingtaine de minutes de là.
L’attraction principale de Morro Bay c’est un gros caillou. Enfin pas un caillou, mais un gros pic perdu en bord de plage.


J’ai bloqué un bon moment sur ce caillou a me demander pourquoi il était là comme ça, alors qu’il n’y avait pas d’autres pics du genre autour alors que Juliette s’en moquait un peu. On décide quand même d’en faire le un petit tour et là miracle, je vois au loin des animaux dans l’eau, je suis pas sur sur mais on dirait des loutres. Je dis ça à Juliette et il lui en fallait pas plus pour foncer dans leur direction. Elle était dans le même état que moi quand je me suis perdu dans Pré-au-Lard à Universal. C’était bien des loutres.

On a passé bien 30 minutes à les regarder faire leurs vie de loutre, qui consiste principalement à faire la sieste sur le dos dans l’eau, leurs petites pattes avant trop mignonnes en l’air, ou à faire des petits tourne et retourne, se gratter les oreilles ou embêter les copines. Pendant ce temps il y avait aussi des tas d’écureuils qui nous tournaient autour en mangeant les restes de nourriture des gens, de bout sur leurs petites pattes arrières, en tenant la nourriture dans leur petites pattes avant. On aurait pu rester des heures …
On reprend la route en début d’après-midi direction Salinas, qui est à une 20aine de minutes de Monterey pour le lendemain.
On ne prend pas la route numéro 1, parce qu’il y a eu des glissements de terrain vers Lucia qui empêchent tout passage, mais la route 101. C’est toujours très beau, mais beaucoup plus aride et sec.

Arrivés à Salinas, le airbnb est nickel et nous permet de faire une machine de fringues qui attendaient depuis le dernier jours à New York ! Regardez moi ces beautés :

On traîne pas mal dans ce Airbnb parce que mine de rien, la nuit qu’on a passé (« on » oui parce qu’en me réveillant je bougeait beaucoup et réveillait Juliette en même temps …) plus la rando + la balade à Morro Bay nous ont bien fatigués. Et puis Salinas même ne nous donne pas vraiment de sortir non plus. Le quartier est pas ouf et ce qu’on a vu sur la route dans les 5 derniers kilomètres ne nous inspirait pas non plus. Juliette commence à avoir une bonne migraine.
On ne sort finalement que pour aller faire des courses histoire de faire des sandwichs pour le lendemain et pour manger le soir.
Pendant les courses on se prend un peu la tête sur les envies de chacun. Ma fatigue et sa migraine fait qu’on est un peu impatients tous les deux et que les concessions sont compliquées. On arrive tant bien que mal à faire quelques courses, je fais à manger pour le soir pendant que Juliette fait des sandwichs pour le lendemain et on mange un peu en silence. On continue en faisant un peu nos histoires chacun de notre côté et j’ai le blog à faire mais clairement, j’ai pas envie dans cette ambiance. Je lance donc un bêtisier du Flambeau avec notamment Jonathan Cohen et Pierre Niney. Juliette est à côté, rigole un peu, moi aussi, puis on rigole beaucoup puis d’un coup tout est oublié. Il est 22h, on finit la vidéo et au dodo.
J’écris donc cette article le lendemain soir, à Felton vers Santa Cruz et Juliette a déjà fini celui de la journée en paralèlle… deux d’un coups donc pour ceux qui suivent en temps réel ! Clap le PC, au dodo pour de la rando dans les parages demain.
Monterey Jour 2
- 09 juin
Mardi 15 aout
Aujourd’hui c’était journée poisson ! Mais avant de vous en parler je commence par la fin. Il est 23h au moment où je vous écris et nous sommes ici :
C’est le 5 eme logement du voyage et il se place dans le top 3. Nous sommes arrivées des plaines brûlées, des grandes dunes et des champs labourés à une forêt d’immense arbres. Alexis s’est comme remis à respirer en voyant tout ce vert. On a prononcé plusieurs fois les noms des lieux de chez nous auxquels ça nous faisait penser et ça nous réconfortait. Les petites routes qui serpentent, les maisons perdues et les arbres.
En arrivant un monsieur d’une cinquantaine d’années nous accueille, il y a des bouddhas cachés dans les troncs des arbres, des pancartes « all refugies are welcome » et il sourie beaucoup. Quelques minutes après que nous nous soyons installés, Alexis est déjà descendu en bas de la maison ou un ruisseau coule, il y a même un petit barrage de pierres. Comme à la maison…

Ce matin nous avons donc quitté notre chambre d’une nuit à Salinas pour aller à l’aquarium de Monterey (on en vient aux poissons), le plus grand du Nord du continent et réputé comme un des plus beaux du monde. Monterey ressemble à une fausse ville, comme si il n’y avait pas de vraies gens qui y vivaient mais seulement des touristes avares de boutiques souvenirs, de vues sur l’océan et de photo devant des donuts géants. Je suis quand même un peu émue de voir le panneau de la ville, parce que ce nom me fait penser aux grands artistes que j’ai beaucoup écouté et qui ont joué ici dans un des plus grands festivals au monde, avant Woodstock, : Joplin, Hendrix, Ottis Redding.

Mais comme le disait le guide, l’aquarium reste le principal intérêt de Monterey. Vous vous souvenez de Harry Potter ? je veux dire l’épisode à Universal Studio où nous somme restés coincés dans le monde du sorcier une bonne partie de la journée ? Et bein l’histoire s’est répétée mais avec des loutres. Quand on est rentrés dans l’aquarium ils étaient en train de nourrir les loutres et je crois pas que vous ayez déjà vu quelque chose de plus captivant que des loutres en train de nager, de manger et de se gratter le ventre. Vous me direz les loutres ça va ! On a déjà eu notre dose la veille. Je sais … mais je vous dit c’est comme Harry Potter ça s’explique pas ! Et puis regardez :
Alors on est revenu plusieurs fois vers les loutres mais on a aussi vu de grandes œuvres d’art : des méduses qui dansent, des octopus qui se mouvent, des créatures de rien du tout qui font de la lumière rouge et puis verte et puis bleu pour voir dans le noir de l’océan, des bancs de sardines par centaines qui jouent un grand ballet parfaitement symétrique. C’était beau, doux, ensorcelant.
En sortant de l’aquarium vers 13h on est allé à Pacific Groove, une ville à la pointe du continent. C’est la qu’à été tourné une des meilleures série du monde, Big Little Lies. Il y a une promenade très belle qui longe un océan agité et puis des maisons américaines c’est à dire très grandes, pleine de vitre à travers lesquelles on voit des cuisines gigantesques ouvertes sur des salons impeccables. Les voitures sont garées dans des allés très propres, il y a de grands terrains de golf et beaucoup de calme. Il doit loger là des personnes retraitées riches qui doivent bien vivre accrochées à l’océan.

Vers 16h nous avons repris la voiture vers Fort Ord Dunes State Park. C’est une immense plage où il est interdit de se baigner car les vents sont très violents. La plage est encerclée de dunes et les vagues viennent s’écraser dans un grand bruit bleu turquoise. Un petit banc en bois flotté avait été fabriqué et nous y sommes restés un moment assis en silence, hypnotisés, dan un mélange de fascination et de peur devant le spectacle de l’océan.
Et puis ensuite donc nous avons atterri dans cette forêt. En écrivant ce texte je me rends compte qu’aujourd’hui a peut être été le jour où nous avons été le plus au cœur de la nature et peut être que ça nous avait un peu manqué jusqu’à maintenant. Nous avons fait une dernière virée pour manger à Santa Cruz et je passerai sous silence notre passage au Casino de cette même ville où Alexis a encore craqué. Il faut quand même souligné qu’il a remporté une petite collection d’animaux miniatures en plastique qui fera le bonheur certain d’un.e filleul.le en France. Alors rien que pour ça et aussi pour le voir s’énerver sur les machines à sous, ça valait le coup.
Mais comme ce texte commençait avec des poissons et que nous tenons à la cohérence du récit, il se finit avec des poissons ! En repartant de Santa Cruz nous faisons un crochet par la jetée, qui est ici une route goudronnées avec magasins et restaurant. Au bout de cette jetée j’entend le bruit très fort de soit :
A) un cochon qu’on tue
B) Alexis qui perd au Casino
C) des lions de mer
Vu qu’on est à la mer, qu’Alexis avait déjà perdu au casino on c’était bien des lions de mer dans leur habitat naturel qui vivaient la, sous le ponton. Ils étaient une dizaine entassés sur quelques poutres à moitié immergées dans l’eau et ils se hurlaient dessus. Peut être c’était des mots d’amour mais ça sonnait à nos oreilles comme des insultes bien salées. Je vous souhaite donc une belle journée en écoutant leur doux chants :
Santa Cruz (mais en fait Felton)
sqdqsd - 15 au 17 août
Mercredi 16 aout
Réveil toujours un peu en douleur pour moi. La douleur située vers ma côte à gauche est toujours la même, ce qui donne l’impression qu’elle est pire, avec la lassitude. Faut dire que normalement, il faudrait plutôt se reposer quand on prend un coup comme ça, et là on marche pas mal avec nos sacs et j’ai toujours une petit toux grasse qu’il me reste de mon coup de froid à New York ce qui force sur mon diaphragme. Ça dure toujours une plombe mes fin de rhumes, certainement à cause du fait que je fume. Je fume beaucoup moins pendant ces vacances, 2 paquets en deux semaines je crois. C’est toujours plus que ce que j’avais dis avant de partir: « Ils sont durs avec la clope aux états unis, donc patch pendant 1 mois, ça va me permettre d’arrêter plus facilement ». Sauf que y a toujours des moments ou j’arrive à trouver une excuse pour fumer. On s’achète d’abord un paquet parce qu’on a le design de la marque qu’on voit plus depuis longtemps en France avec nos paquets tout gris, puis après une bonne journée de marche dans la ville on s’octroie le droit de fumer une petite clope innocente devant notre maison d’hôte à Harlem. Ça recommence toujours comme ça. On le sait, mais on le fait. Tiens je remarque que je dis « on », comme pour me sentir un peu moins seul dans cet échec d’arrêt, noyé dans la masse d’éternels presque plus fumeurs.
Donc encore de la douleur je disais, on boit le café du matin et j’échange un peu avec ma maman sur le sujet de mes côte qui me dit d’essayer un mélange de menthe poivrée et amande douce à masser sur la peau. En tout honnêteté, j’y crois pas beaucoup à ces mélanges de chamans mais bon ça peut pas faire de mal. On a déjà de la menthe poivrée que Juliette utilise pour ses mal de crâne donc j’en met un peu à défaut d’avoir le mélange complet.
Quelques câlins à Piper, la petite chatte du propriétaire et on se met en route pour visiter le State Park à quelques minutes à pied. Il y a des arbres très anciens superbes à priori.

On a 5 petites minutes à pied avant d’arriver au tout début du State Park, ou l’on décide de longer la rivière qui passe en contrebas, avec des gens qui se baignent dedans, jusqu’au visitor center. On y prend juste un petit prospectus avec des explications correspondant à chaque petits panneaux numérotés qu’on croisera sur notre balade.
Ici les arbres sont immenses. C’est droit, ça file au ciel, c’est vert et touffu, le sol est lui plutôt dégarni mais y repose des feuilles de Laurier de Californie qui ont une odeur très prononcée, un peu mentholé quand on les frottes entre nos doigts. Le prospectus dit que c’était utilisé pour faire une sorte de café, ou bien de la farine. Ça sent très bon en tout cas, on en ramasse un peu pour ramener un peu de l’odeur à la maison.

Le Park s’appelle le Henry Cowell Redwoods State Park, et on apprend que selon la légende, ce type, Henry Cowell, aurait dormit dans un de ces sequoia la première nuit ou il est arrivé dans le park. On a pas pu filmer à l’intérieur faute de lumière suffisamment intéressante, mais c’est vrai qu’il y avait la place pour dormir pour 4 dedans, et on tenait aisément debout:

Je vous passe tout le détail de notre visite et vous remet quelques photos.

Une fois le tour du Park fait on décide de se rendre dans le mini centre ville de Felton pour manger et acheter à manger pour plus tard. C’est juste une route départementale avec des magasins sur les côtés.

On s’arrête d’abord à Rite Aid, qui est l’équivalent exact de CVS, une pharmacie quoi, pour prendre des petits antidouleurs pour ma côte, rien de palpitant ici !
On trouve un peu plus loin un petit restaurant qui paye pas de mine et qui ressemble un peu à nos restaurant routier mais en plus accueillant tout de même. On y mange un burger pour moi et une salade asiatique pour Juliette.

On finit le centre ville avec un arrêt dans un magasin qu’on appellerait « Bio » en France ou on prend de quoi se faire une salade pour le soir avec du pain et du fromage (oui ça manque un peu !).
En rentrant, on traîne un peu puis on décide qu’il vaut mieux que je me repose histoire de pas trop forcer sur ce qui me fait mal. Étonnement, je m’endors en 10 minutes et c’est parti pour 2 bonnes heures de sieste. Ça a fait un bien fou … ça faisait longtemps que je m’étais pas assoupi comme ça un après-midi.
On est pas bien là ?
La journée est déjà bien avancée et on doit réfléchir à ce qu’on doit faire demain. Parce que demain c’est 4h de routes en direction de Yosemite et on sait toujours pas ce qu’on y fait. On avait repéré un bar très Américain à 4 minutes à pied et on y va donc avec notre guide du routard pour noter les trucs intéressants à faire.
Le Monty’s Log Cabin à Felton
En bons américains que nous devenons, on s’assied donc au comptoir et on met des sous dans le juke box pour y passer les sons qu’on veut.

J’adore l’ambiance du bar, c’est super accueillant, avec un billard et une terrasse et y a des bikers qui arrivent avec leurs grosses motos, boivent une Corona en 10 minutes et s’en vont. Les bières étaient pas trop cher, genre 11,50 les deux pintes. Ce qui est quasi deux fois moins chef qu’en restaurant. D’ailleurs si vous voulez faire des économies en voyage aux USA et que vous avez tendance à boire de la bière, prenez la en bouteille et pas en « Draft » (pression), c’est 3 ou 4 euros moins cher.
On boit une ou deux bières en planifiant nos prochains jours puis on rentre à la maison.
La journée n’a pas été chargée mais parfaite en terme d’immersion, et puis ces arbres quoi … on pourrait les contempler pendant des heures.
Bonus, une photo de moi là tout de suite maintenant en train d’écrire cet article :

Ah j’ai pas dis que ça serait glorieux !
Tiens pour la peine, la paparazzi paparazziée :

Yosemite
- 17 au 19 août
Jeudi 17 et vendredi 18 août
Nous sommes le 19 août, dans un appartement à San Francisco. Pour arriver jusqu’ici il y a eu beaucoup de route, très grandes, très longues, très droites, comme on n’en voit pas vers chez nous. Il y a aussi eu beaucoup de pas, à travers les arbres, dans la montagnes, les genoux qui chauffent, les cuisses qui se tendent. Avant d’arriver à San Francisco nous avons passé deux jours au parc naturel de Yosemite, quasi sans internet, d’où cette pause dans les épisodes de ce blog que je vais tenter de rattraper.
Il y a 194 miles, 312 kilomètres, 3 heures et 53 minutes entre la ville de Felton et le Yosemite Parc. Des miles que nous avalons d’une traite, sur les routes américaines il n’y a de toute façon pas d’aire d’autoroute et on est du genre à tracer, à avancer jusqu’à arriver. Dans la Chevrolet on écoute un podcast que j’aime beaucoup, des histoires de gens lambda parti·es au bout du monde, tombé·es amoureux·ses de la mauvaise personne, des récits banales qui sont souvent les meilleures aventures. Les heures filent comme ça, je crois que j’aime bien aussi entendre parler en français aussi longtemps, enfermée dans une voiture. Une sorte de safe place : nous deux, la route.

Dehors nous avons retrouvé l’herbe courte, blonde, à perte de vue. Collines après collines ce même sol tapé inlassablement par le soleil. Parfois nous traversons des villages, comme des oasis au milieu du désert, il a poussé là une grande rue, des magasins souvent hispaniques, une ou deux stations essence, un Mc Do. Les gens ont le visage tiré, peut être comme nos villageois·es français·ses qui vivent dans ces bled paumés, peut être que les américain·nes qui nous croiseraient à Claveyson feraient la même description de nous.
Au milieu de ce désert d’herbe il y a aussi des ranch, de grands portails de 4 ou 5m de haut qui annoncent « Big Red Ranch », « Pasadeno Ranch » et puis une longue route en gravier au bout de laquelle on imagine une immense demeure blanche. Souvent il n’y a même pas de bête dans les champs, parfois des chevaux qui mangent cette herbe jaune.
Il y a aussi des maisons, de grandes maisons, perdues, à des miles du premier commerce avec des drapeaux américains, beaucoup, peut être une dizaine et puis des panneaux « Make California Great Again », « USA Trump », « Trump 2024 ». Sur les plaques d’immatriculation des voitures on a fait graver « In God We Trust » , « With god all things are beautiful ». Comme nous sommes des étranger·es bercé·es par cette réalité qui nous a été racontée de loin nous fantasmons, derrière ces portes, des habitant·es obéses, une casquette rouge vissée sur la tête, un fusil de chasse posé à côté du fauteuil en cuir du salon. Depuis que nous sommes arrivé·es sur la côté ouest nous croisons une majorité d’hispaniques, ça parle espagnol dans la rue, les panneaux sont traduits en espagnol, les restaurants proposent de la nourriture mexicaine, des rayons entiers des supermarchés sont réservés à la nourriture du sud du continent. À New-York, nous étions souvent les rares blanc·hes dans les transports ou même les magasins. Alors soudain ces gros hommes blancs que j’imaginent dans leur maison, au milieu du désert, me font froid dans le dos avec toute leur haine, toute leur rage contre ce qui semble être une si grande partie de la population. Et puis je me dis que j’imagine, que la réalité vraie doit être tellement plus complexe, je me dis pour me rassurer que derrière les portes il y a peut être de la musique et plein de gens autour d’une table qui mangent des pizza.
Plus loin, au milieu d’une grande étendue vierge il y a un cerf qui nous regarde.
Nous arrivons au Wawona Hotel vers 14h. C’est une grande batisse en bois blanc, des escaliers larges mènent à un porche puis à de grandes portes vitrées. Devant la bâtisse une fontaine en pierre autour de laquelle arrivent les voitures. En s’approchant un peu plus, ce qui semble être un hôtel de prestige laisse voir des signes d’usure : la fontaine est à moitié remplie, les marches tremblent, la peinture s’écaille. À l’intérieur il y a de la moquette sur laquelle tombe des particules de peintures ou de boiseries. L’ensemble laisse une impression de gloire passée, un charme usé mais aussi une sensation inquiétante, comme dans ces séries d’horreur ou des vieux fantômes là depuis des siècles se font passer pour des vivant·es. Jusqu’à ce que le vernis craque. J’y pense à chaque fois que la serveuse d’une cinquantaine d’années, boiteuse, vient nous servir ou en parlant aux deux vieilles dames à qui nous rendent nos clefs en partant.

Comme nous sommes en avance sur l’heure d’enregistrement à l’hotel nous mangeons sur une table de pique nique et allons à un premier spots de ballade : Mariposa Grove. Une navette nous y dépose pour voir, à quelques kilomètres à pied ,le Grizzly Giant, un sequoia géant de 1800 ans d’âge, 64m de haut, 29m de circonférence. L’écorce des Sequoia est rouge, très épaisses, souvent ils fusionnent à plusieurs, deux ou trois pour ne faire plus qu’un incroyable arbre. C’est comme s’ils étaient trop grands, trop impressionnants pour rentrer dans notre champs de vision, pour qu’on puisse vraiment les appréhender, les sentir tout entier. Il y a une grande énergie qui émane de ces arbres, je ne suis pas du genre à me coller aux chênes dans le jardin, mais là, force est de constater que ça en jette, ça diffuse une sorte de petite onde douce et puissante.

Nous marchons calmement, traversons les groupes de touristes, prenons des photos pour eux, attendons notre tour pour voir un peu mieux. Et puis nous retrouvons des sentiers vides où l’on croise des écureuils, des oiseaux à crêtes bleues et même une biche. Partout il y a des panneaux qui préviennent de la présence d’ours alors nous guettons, un peu effrayé·e, un peu curieux·ses.
Notre chambre est au delà de la bâtisse principale de l’hotel, dans un « cottage », la salle de bain et les toilettes sont séparées mais le matelas est agréable et les draps propres. On se prend un peu pour Léonardo DiCaprio dans Django – le racisme et le sadisme en moins – et nous commandons à boire, assis sur les gros fauteuils en osier du porche. Mon téléphone affiche désespérément un « SOS » à place des barres de réseaux, je le sors de ma poche, l’allume, le retourne, le repose, le reprend, le re-regarde et toujours, en haut, à droite : SOS. Je tiens entre les mains une petite chose inanimée qui me terrorise, je regarde au loin en me disant que j’ai tant à regarder sur internet, tant de choses à voir sur Instagram, tant de messages à envoyer sur Whatsapp ou Messenger. J’imagine ces 48h sans aucune notification et je me perds dans le bruit que fait la vieille fontaine. Je finit par venir à bout du mauvais livre que j’ai commencé et puis je dis à Alexis que je vais sous la douche.

En revenant il pianote sur son smartphone qui, lui, est en vie, et je lui demande, envieuse, ce qu’il fait, le traitre retourne un peu son écran, pour me priver encore plus de la lumière brillante qui me manque tant et puis je comprends à son sourire qu’il manigance quelque chose. Assis sur son porche, il a profité de mon absence et de son débit internet pour réserver une randonnée à cheval pour le lendemain matin. Je crois que je reste un peu pantoise, je lui dis quelque chose comme « t’es fou, mais n’importe quoi, certainement pas, mais pourquoi, combien ça t’a coûté », le genre de parole agréable quand vous faites un cadeau. Je crois que la fatigue, le manque de nouvelle de chez nous, l’arrivée dans un nouveau lieu a actionné un mécanisme bien connu chez moi qui est de noircir le tableau. Je finis par m’enfoncer dans mon siége, à écouter le silence et à m’imaginer à cheval au petit matin, je laisse l’idée infuser, je me laisse imaginer et ça efface petit à petit le brouillard.
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Vendredi 18 août
La nuit a été courte, le luxe de façade de l’hôtel a définitivement été percé à jour. Les murs de la chambre sont très fins, j’ai entendu clairement la conversation de nos voisins jusqu’à minuit, ajoutons à cela le couloir éclairé toute la nuit et notre fenêtre sans volet, j’ai dormi quelques 6h. Mais ce matin nous montons à cheval, au milieu de Yosemite.
La dernière fois que j’ai vu Alexis près d’un cheval c’est au club où je vais régulièrement ces derniers temps et autant dire qu’il n’est pas dans son élément : il passe à 3 ou 4m du cheval au cas où (??), le touche de loin et s’inquiète dès qu’il racle le sol ou secoue la tête. Alors j’ai un peu hâte de le voir les pieds dans les étriers ! Le ranch est de taille raisonnable, une américaine « woo woo » nous accueille. Les filles woo woo sont celles à la chevelure très lisse et blonde, maquillées, bien habillées qui sourient, rient beaucoup, qui sont du genre à dire 10 fois par soirée « c’est ma chanson préférée » et qui sont souvent les pom pom girl dans les séries. Nous n’en croisons pas beaucoup en France mais ici oui et je dois dire qu’elles sont assez agréables : elles se réjouissent de tout, vous complimentes sur votre tenue et adoooorent que nous soyons français. Dans le petit paddock où attendent les chevaux il y a trois ou quatre autres filles d’une trentaine d’années avec des chemises à carreaux et des bottes de cow-boy.
On m’attribue un petit cheval gris du nom de Ziggy et je l’adopte tout de suite, déjà parce qu’il porte le nom d’un de mes album préféré de tous les temps, aussi parce que sentir l’odeur d’un cheval me fait tout de suite l’effet d’une caresse et enfin parce que je m’aperçois qu’être en contact avec un animal m’avait terriblement manqué en trois semaines. Quand je me retourne Alexis est aussi en selle sur une jument à la crinière en brosse. Entre mon album de David Bowie et sa coupe de punk, la tableau me va bien. Durant une heure nous allons avancer au milieu de la forêt, dans le silence des sabots qui cognent le sol, nous traverserons des rivières où les chevaux s’arrêtent pour boire et cette journée devient officiellement une de mes favorite du voyage.

Alexis, de son côté, s’en sort comme un cavalier confirmé ! Il a mal au cuisse et la monitrice lui assure que ce sera pire demain.
Quand nous rentrons dans la voiture il est à peine 10h et partons pour 50min de route jusqu’à Yosemite Valley d’où partent des randos.
Après avoir avalé un mauvais burger nous entamons à 14h le Columbia rock trail. Un des garde du parc nous a dit qu’il fallait de bonnes chaussures et des bâtons, nous n’avons ni l’un ni l’autre alors on se dit que si on voit que c’est trop pour nous on fera demi tour, que c’est ok. C’est définitivement une des choses agréable de ce voyage, la manière que nous avons de nous mettre d’accord, de choisir ce que nous allons faire, de nous dire avant chaque chose si on est vraiment partant ou prévenir qu’on le sent moyen.
Le monsieur avait raison, c’est raide, ça grimpe et le mauvais burger ne suffit pas à empêcher ma tête de tourner un peu. Alexis, devant, va à toute allure et me dit « je pourrai grimper des heures » alors je garde pour moi les histoires de tête qui tourne, j’avale des compotes et je passe en levant la tête devant celles et ceux qui s’arrêtent encore plus souvent que moi.
Quand nous arrivons à l’objectif nous voyons au loin les montagnes se dessiner, je suis fière et épuisée, Alexis veut aller au point un peu plus loin mais je le convainc de redescendre.

En bas, le souffle un peu court et les épaules un peu rouges on se commande notre nouvelle boisson préférée au Starbuck ( oui il y a des Starbuck dans les parcs naturels là bas, c’est l’Amérique) : de la chantilly, des cookies concassés, du café froid, des glaçons et de nouveau de la chantilly.
Il est presque 17h quand nous reprenons la voiture pour aller grimper le Sentinelle Dôme, la montée est courte, plus soft et en haut c’est la grande claque. Defois les choses très belles sont difficiles à regarder, elles créent une sorte de frustration : va t’on se souvenir de cette beauté assez longtemps, comment en garder le souvenir intacte, comment préserver cette grande beauté à l’intérieur de soi et que faire avec ce spectacle ? C’est l’effet que m’a fait cette vue, j’avais en même temps envie de regarder pendant des heures et en même temps de m’en aller pour ne pas être trop frustrée.
D’un côté il y a El Capitan, une immense roche qui plonge droite vers le vide en falaise ; en face La Cathédrale, trois grands pics grandioses ; au milieu la vallée avec une rivière ; en se tournant un peu on voit une grand cascade puis en pivotant encore il y a le Half Dome, une sphére de pierre qui semble avoir été tranchée nette en deux et puis encore un peu plus à droite un enchainement de montagnes. Tout ça en même temps, dans quasi un regard, une vision. Ça vous attrape, ça vous retourne tout crû et ça vous laisse là. Nous sommes quatre ou cinq sur ce gros rocher à se poser les mains sur la tête, à abandonner nos sac à dos, à dire des « fuck » en chuchotant.
Une des journée favorite du voyage je vous avais dit.

Sur la route du retour on voit le soleil se coucher. Puis on mange du poulet frit – le repas de la veille à l’hôtel nous avait définitivement convaincu de commander la chose la plus simple sur le menu pour ne plus prendre le risque de manger des pates à la crème pour 24$ – et on s’étale sur notre lit les jambes en coton.
Le lendemain matin : il fait beau, on boit du café, le SOS sur mon téléphone disparait et je reçois une photo de Buster. Nous prenons la route vers San Francisco.

Buster, qui lui n’a rien gravit
San Francisco – J1
- 19 au 24 août
20 août
Ça y est ! Nous voilà à la dernière étape de notre voyage aux États Unis. Je dois commencer par dire qu’on est arrivé ici avec moins d’envie de visiter la ville que lors de notre arrivée à New York. En tout cas ça le fait beaucoup pour moi. On a passé une semaine à New York, quelques jours à Los Angeles, de la route sur la côte ouest puis Yosemite et maintenant ici. J’ai l’impression d’avoir vu beaucoup beaucoup de choses, d’avoir mieux compris leur culture, l’architecture. On a vu des tonnes de paysages différents et magnifiques aussi et l’aventure ce serait arrêtée là que ça serait déjà parfait. Alors l’arrivée en voiture à San Francisco n’a pas été aussi enthousiasmante que notre premier jour à New York par exemple et je penses de plus en plus à la maison.
Pour autant, je me rend compte ce soir de la chance qu’on a d’être là, et qu’il va falloir savourer les 3 prochains jours complets qu’il nous reste. Faut réussir à se mettre dans la tête de touristes qui débarquent pour juste visiter cette ville.
Ce petit compte rendu fait, il permet de mieux comprendre un peu l’état d’esprit dans lequel on est, on va pouvoir parler de notre journée.
***
Ce matin, on s’est réveillé vers 8h30 et j’ai toujours mal à ma côte. Alors comme les autres fois ça n’empire pas, mais ça s’améliore pas beaucoup. Enfin, j’ai quand même pu éternuer complètement, là où avant, au début de la contraction la douleur coupait tout. C’est que ça doit aller mieux quand même. Rien de grave je pense hein, à mon avis j’ai bien froissé un muscle ou mon diaphragme et vu qu’on marche pas mal, il n’a pas le repos qu’il devrait avoir pour se rétablir comme il faut. Ce qui m’embête c’est que j’ai une planche de skate qui me sert à rien pour le moment et j’avais repéré un ou deux skateparks pas très loin de où on loge. Bon pas de skate ce matin donc.
Juliette avait passé du temps la veille à prévoir nos prochains jours avec le guide du routard. Lundi et mardi on va visiter le centre ville, mercredi Alcatraz et aujourd’hui (dimanche) on va traverser le Golden Gate et visiter la péninsule au nord tant qu’on a la voiture.
On prend donc la route avec le brouillard du matin typique de la côté ouest et au bout de 20 minutes, on voit une immense tour en métal rouge qui apparait petit à petit au milieu du brouillard. Vous l’aurez deviné, c’est le début du fameux pont. Bon, une fois dessus c’est un pont quoi. Ok il est rouge et tout, mais rien de nouveau sous le soleil sinon. Ce qui me frappe surtout c’est que de l’autre côté de pont, il n’y a pas du tout d’habitation, c’est de nouveau ces montagnes arides qui se dessinent. Et ça tombe plutôt bien parce qu’on y a repéré plusieurs spots depuis lesquels on a une super vue sur San Francisco. J’aime bien commencer une ville par des points de vus. Ça permet de mieux se situer dans cette immensité.
Et question points de vus, on n’est pas déçus. On voit le Golden Gate en entier, la brume s’étant dégagée, et la ville au loin, puis un peu à gauche Alcatraz. On voit aussi des montagnes beaucoup plus loin, je check sur Google Map et ça à l’air d’être celle qui s’appelle « Mont Diablo », ça doit pas faire rigoler là bas. La vue est magnifique ici. On la voit en trois fois cette vue d’ailleurs. Une fois depuis le petit port en bas de la péninsule, une autre fois sur une colline proche du début du pont, et une autre depuis la montagne (ou colline) la plus haute.
Le point de vue du port
Le point de vu intermédiaire
La vue d’en haut du haut
Tout le long, je vois aussi des très gros bateaux qui m’impressionnent beaucoup. Ça n’a aucun effet sur Juliette. Pourquoi, je sais pas.
Après un petit moment à s’imprégner de la vue, on bouge pour la Rodéo Beach qu’on a juste repéré sur Google Map.
La plage est naturellement découpée en trois zone par les gens qui s’y installent. À droite les surfer, au milieu ceux qui font de la planche en bord de plage, et à gauche les baigneurs. On va donc à gauche. Le sable est épais et très chaud, contrairement à l’eau qui est assez froide. La plupart ici se baigne avec des tenues en lycra. Après un quart d’heure à trainer tous les deux, je me « jette » à l’eau. Alors entre guillemet parce que pour rappel, j’ai mal à la côte, donc les histoires de me jeter dans les rouleaux comme au premier jour, c’est finito. L’eau est froide mais c’est tenable et au soleil sur le sable il fait assez chaud, donc ça fait du bien même. J’y reste une dizaine de minutes, un peu perdu dans mes habitudes de ne faire que rester debout dans l’eau et je rejoins Juliette. On reste ici une bonne heure à profiter de l’océan certainement une dernière fois vu les prochains jours qu’on a prévu.

De retour à la voiture, on décide d’aller se promener vers Ocean Beach, parfaitement à l’ouest de San Francisco. Une autre plage donc, mais pas pour aller s’y baigner. Simplement pour la longer et aussi voir le Golden Gate Park qui la borde.
***
Petit retour en arrière de quelques mois. En m’intéressant un peu à San Francisco, je découvre qu’il y a pas mal de crimes la bas. Pas forcément des meurtres mais par exemple des bandes de 20 personnes qui débarquent dans un magasin et vols tout ce qu’ils peuvent. Ou bien des types qui débarquent en voiture à côté d’autres voitures, s’arrêtent nette, sortent à 1 ou 2 et casse les vitres des voitures à l’arrêt (mais pas que), vols les bagages qui s’y trouvent, remontent dans leur voiture et filent à toute vitesse. C’est hyper commun en fait, et la police n’arrive pas à y faire grand chose.
***
Retour à Ocean Beach donc, ou on arrive au parking public qui borde la plage pendant des centaines de mètres. Y a du monde qui fait son jogging, part faire du surf, balade, se gare en voiture. Et là, une voiture s’arrête à 10 mètres de la notre devant nous à côté d’un SUV et Juliette me dit « Mais ils font quoi là ?? ». C’était 2 mecs cagoulés qui checkait dans ce SUV et les autres voitures à côté si les touristes avaient pas laissés des bagages ou autre objets précieux. Les mêmes types que j’avais vu en vidéo quelques mois avant. Ils se déplacaient très vite, un peu accroupis et très vite Juliette me dit « Euh on se casse non ? », je répond par l’affirmative et accélère pour les dépasser. Un peu choqués, on se gare bien plus loin, dans une rue plus résidentielle, et qu’on estime donc moins intéressante pour eux, en faisant attention à ne rien laisser d’apparent et d’attrayant dans la voiture.
C’est fou quand même. En plein jour, devant plein de monde.
Ça m’a un peu refroidit pour le reste de l’après midi. C’est le genre de truc qui me donne envie de rentrer chez moi.
On décide quand même de longer cette plage et de rentrer dans le Golden Gate Park, parce que c’est toujours chouette un park. Eh bah … en fait non. En tout cas pas le bout qu’on en a vu. C’est comme laissé à l’abandon et il y a des barrières partout qui empêche d’aller se poser dans de l’herbe ou sous les arbres, et on a juste longé les routes qui passent au travers du parc. Il y avait un petit lac qui avait l’air sympa, mais pareil, personne ne s’était occupé des abords et donc la végétation cachait tout et empêchait de s’y installer.

Chou blanc donc. On décide de retourner à la voiture pour aller la laver avant de la demain matin. On termine donc notre balade en passant dans des plus petites rues résidentielles. C’est marrant l’architecture ici. Les maisons sont toutes de la même taille mais ont des architectures différentes. Aucune ne se ressemblent et elles sont toutes de couleurs différentes. On a pas fait beaucoup de photos aujourd’hui, j’en ai qu’une pas terrible d’une de ces rues mais ça donne une idée :

Tout est en montée et descente aussi ici. C’est pas le quartier où on le voit le plus mais rien n’est droit. Ça a un certain charme et ce matin quand on est parti en direction du Golden Gate on est passé dans quelques quartiers, les plus en hauteurs qui étaient vraiment très beau (et donc très riche). On devrait avoir plus de contenu à vous montrer de ce côté là dans les jours qui suivent.
***
Pour la suite de la journée, on est donc allé au carwash, qui lave pas terrible si tu mets pas le prix et on est rentré, le temps d’une douche. On a fini avec le restaurant « Gentilly » qui proposait une cuisine mixant la New Orleans et San Francisco. C’était très bon quoique un peu trop pimenté (le mot Hot dans Hot Chicken Sandwich aurait dû nous mettre la puce à l’oreille aha). C’était encore des sandwichs, mais plutôt bien cuisinés pour le coup, avec des beignets pour finir. Ça ressemblait pas mal à des bugnes mais avec le côté moelleux du beignet. On en a gardé pour demain matin, avec le café ça va être terrible.

À demain pour le centre ville !
San Francisco – Jour 2
- 09 juin
Lundi 21 août
L’écriture de cette journée du lundi arrive un peu en retard, ça sent la fin, ça se relâche ça bosse moins dur. Comme disait Alexis hier, la fin du voyage qui approche nous met dans cet état un peu étrange caractéristique des moments juste avant l’arrivée : on a hâte, on attend un peu, on est prêt alors on se dit autant y aller et en même temps on est déjà un peu triste que ce soit finit, on voudrait finalement rester, on veut pas regretter, on veut tout prendre pour rien oublier. Alors ce tiraillement un peu étrange nous met dans une sorte d’euphorie en même temps que dans une lassitude lourde. Hier soir on s’est dit qu’on allait y aller tranquille, sans culpabilité : si on a envie de trainer à rien faire faisons le, si on rentre tôt le soir peu importe, si on marche puis qu’on s’arrête deux heures c’est très bien. Vous comprenez pourquoi hier soir je n’ai donc pas écrit ici et pourquoi je ne le fais que le matin du mardi 22, à 10h, dans le lit.
Nous avons repris hier notre périple à pied ! Notre chère Chevrolet Malibu est retournée à l’envoyeur, Alexis a pris une dernière photo d’elle, un peu ému, un peu triste de ne pas la ramener à la maison parce que finalement une voiture propre, dont le toit ne tombe pas, où il n’y a pas de levier de vitesse et une odeur de chien mêlée à celle de la rivière c’est pas si mal.

Nous nous sommes retrouvé·es dans les rues de San Francisco un peu penauds, on avait oublié depuis New-York ce que c’était d’être debout toute la journée, nos sacs sur le dos au milieu des buildings. Faut dire que le chemin dans le centre de San Francisco en voiture nous avait un peu coupé la chique : le long de grandes rues, des dizaines de gens dorment, sont assis, trainent derrière eux des gros cadis, des sacs poubelles. La pauvreté est extrême et même si on avait lu que c’était la ville avec le plus de sans-abris du pays ça fait quand même tout drôle de se retrouver dans cette ville à l’apparence si riche peuplée par tant de détresse.
On s’est assis à une terrasse pour reprendre nos esprits et essayer de se remotiver, de se donner un programme, de se dire que si si ça allait être chouette. Pour vous donner une idée voici le plan du centre de la ville et ce que nous avons visité cette journée là.

Chinatown

Le quartier chinois de San Francisco est le plus grand de toutes les villes américains (oui New-York compris), il commence avec un grand portique bleu et doré et se poursuit dans plusieurs rue décorées de ces luminaires rouges. J’avais adoré le Chinatown de New-York, celui-ci me parait plus touristique, il y a beaucoup de boutiques de souvenirs, beaucoup de français – d’ailleurs le quartier français est juste à côté, on y trouve des restaurants avec des andouillettes et des faux panneaux « Bureau tabac » pour faire authentique -. La population asiatique est très importante ici, le quartier a pris donc de plus en plus de place dans la ville. Nous nous arrêtons manger dans un restaurant asiatique où nous mangeons un mauvais porc laqué : la viande était frit (encore…) et imbibée d’une sauce rouge très sucrée qui a finit de nous écoeurer, le seul plaisir a été de manger du bon riz qui m’avait tant manqué. Nous avons demandé à emporter les restes par pure politesse.

Coit Tower
Cette tour a été construite dans les années 1800 et donne une vue assez folle sur toute la ville. Après avoir filé 20 dollars à un vieux monsieur qui émet un doute sur le fait que je sois adulte « you look like a teenager », on s’engage dans un vieux ascenseur qui met un temps fou pour monter quelques étages. Là haut on voit l’océan, Alcatraz, les buildings, les collines couvertes de petites maisons.

En redescendant le monsieur de l’ascenseur (son métier doit avoir un vrai nom mais que le temps a finit par effacer) fait monter une personne de plus que la limite autorisée, demande aux passager·es de ne pas trop bouger, on rigole tous·tes un peu et au bout de quelques minutes la machine s’arrête. J’entend le monsieur de l’ascenseur chuchoter un » oh no » puis appuyer un peu paniqué sur un ou deux boutons, je me vois coincée dans un ascenseur vieux de 100 ans au milieu d’une immense tour et puis la machine repars, s’arrête et le jeune homme nous dit très vite » je vais ouvrir et vous allez descendre par l’escalier ». On ne s’est pas fait prier.
Nous empruntons une petite rue pleine de verdure pour repartir de cette colline. Les rues de San Francisco sont pentues, on s’en doutait, on l’avait déjà vu mais à vivre c’est autre chose. Ce sont de véritables pentes verticales que l’on grimpe quasi à quatre pattes. Chez nous on aurait surement fait des virages quitte à enchainer les épingles mais l’obsession des américain·nes avec les rues droites a donné cet enchainement fou de monts goudronnés à gravir.

C’est là qu’arrivent les fameux Cable Car, ces petits tramways typiques qui montent et descendent les collines de San Francisco. Ils sont conduits par des monsieur très costaud qui tirent et poussent sur des leviers immenses. Ce moyen de transport est majoritairement utilisé par les touristes, ça ne va pas très vite, ce n’est pas très confortables et des bus modernes font tout pareil en mieux. Mais comme nous sommes des touristes, nous avons arpenté la ville à bord de ces petites machines. C’est aussi que tous les arrêts ne sont pas desservis ou qu’en tout cas les conducteurs ne voient pas l’interêt de s’y arrêter, qu’on ne sait pas trop comment descendre quand on le souhaite et qu’on se retrouve donc tout en bas de la ville, là d’où on vient.
Une fois en bas on attend un petit moment dans la file de tous les touristes pour reprendre le cable car dans l’autre sens.
Russian Hill
Russian Hill est un quartier assez cossu avec des très belles maisons, des collines – encore – et la rue la plus tortueuse du monde. Elle est connue pour avoir été utilisée dans plusieurs films où on y voyait des courses de voitures, elle a ça de spéciale qu’il y a des virages et que je le redis mais pour les américain·nes, les virages c’est pittoresque. En vérité elle a été fabriquée pour que les chevaux puissent passer sans trop glisser.

Grâce au guide papier que nous avons entre les mains nous trouvons des petits chemins de traverses assez incroyables pour arpenter le quartier. Des maisons toutes en vitres donnent sur des ruelles étroites où coulent de petites fontaines, où poussent de grandes plantes, de belles fleurs et où se sont installées des statues de boudha. Peut être que l’esprit Hippie qui est né dans cette ville perdure encore un peu dans ces endroits, habités par des gens manifestement très riches.


Redescente et tiramisu
Nous arrivons de nouveau en bas de la ville vers 17h et on s’installe à un restaurant italien qui donne sur une grande rue et un parc avec des chiens (argument de choix pour nous quand il s’agit de choisir un lieu où s’asseoir). Cerise sur le gateau on nous sert des bons trucs à boire et un tiramisu délicieux. Ici les desserts c’est pas trop leur truc, il n’y en a jamais sur les cartes des restau et jamais aucun·e serveur·se ne vient à la fin d’un repas vous en proposer un avec du café. Vous manger un burger, un sandwich, des frites, vous payer 10$ de plus que ce qui est écrit sur la note et merci au revoir. Mais là on a mangé un tiramisu en regardant des chiens se balader et c’était chouette !

Pour rentrer, maintenant que nous n’avons plus notre malibu, on prend un bus qui met 1h pour nous ramener à bon port, rien que ça. J’aime bien les bus, c’est une des meilleures manières de visiter une ville je trouve : on voit tout par les vitres, ça ne va pas trop vite et puis ça permet de voir les populations de chaque quartier en fonction de qui monte et descend. Ce trajet nous fait passer dans une rue immense qui donne le nom au quartier, Mission, une rue animée par les restaurant, les bar et les boutiques et aussi par beaucoup de gens assis dans la rue, qui zonent sans qu’on sache vraiment s’ils y vivent où s’ils échappent juste à leur appart en restant dans la rue. Beaucoup de devantures de magasin sont vieillies, décrépites et je me demande si on a la même chose en France, si je ne le vois plus à force.
Dernier arrêt pour acheter du parmesan et des desserts avant de finir la soirée à l’appart pour manger nos pâtes au pesto et reposer la côte d’Alexis et les pieds de tout le monde.
San Francisco – Jour 3
- 22 août
22 aout
J’écris le 23 au matin mais on va faire comme si j’étais un mec bien assidu qui a écrit hier soir avant d’aller se coucher.
La journée à commencé tard côté visite de la ville. Je m’étais pourtant réveillé assez tôt, genre 7h, car toujours dérangé par ma côte. Mais on a décidé de trainer dans l’appartement tout le matin, et Juliette en a profité pour écrire l’article qu’elle n’avait pas écrit la veille non plus. C’est bien ces moments comme ça. On devrait s’en faire beaucoup plus pendant les voyages.
Donc on passe la matinée ici, puis on mange ce qu’il nous reste des autres courses et on file pour se balader dans San Francisco. Voici grosso modo l’itinéraire qu’on s’est donné :

On prend le bus 49 qui nous permet de rejoindre directement le Mission District. Il y a surtout quelques fresques politique ou sociale à visiter dans le coin. Je trouve ça beau mais ça me touche pas particulièrement, c’est plutôt Juliette qui apprécie ce genre de truc et ça manque pas.


On va ensuite dans un parc juste à côté, le Dolores Park. Très propre et bien situé, avec une vue superbe sur la ville, on s’y pose un moment.


On enchaîne ensuite avec le quartier de Castro, quartier LGBT de San Francisco. À peine arrivés dans la première rue qu’on voit passer deux mecs nus, avec seulement une espèce de chaussette décorée sur le sexe. Une famille avec des enfants (qui ne semblent pas être des touristes) passent non loin, et ne semblent pas perturbés. Ce sera pas les derniers nudistes qu’on croise.

Saurez vous retrouver les nudistes ?
Le quartier est assez jolie, calme et propre. On passe devant de jolies maisons fleuries. Il y a tout de même de l’animation aux quelques bars ou cafés ouverts et on croise un gay avec un t-shirt « I’m not gay », ce qui déclenche une discussion avec des passants (ou pote à lui je sais pas) lui disant « I can make you gay in a minute ». Ça m’a fait rire .. On flâne donc dans le quartier puis on va s’asseoir à la terrasse d’un café « Le méditerranéen » auquel on prend des limonades et des mousses au chocolat et baklava.

On voit sur Google Map qu’il y avait la maison bleue de Maxime Le Forestier dans une rue parallèle à celle qu’on vient de passer plus loin. On y retourne donc histoire de la voir cette fameuse maison bleue ! On apprend en lisant le Guide du Routard qu’il y a vécu assez peu de temps finalement lors d’un voyage ici avec sa soeur. On lui avait conseillé de venir dans cette « collocation » qui était un repère de hippies, homosexuel et déserteurs de la guerre du Vietnam. J’essai d’imaginer à quoi pouvait ressembler la vie la dedans. Quelque chose à des années lumières de comme on vit. Ici le va et vient devait être constant, des rencontres toutes les deux minutes, des journées à rien faire, du bruit, de la musique, et comme c’est des hippies, du LSD et du sexe certainement. C’est beau, mais comme dirait Noël Flantier :
Ah et j’allais oublié, la maison en question :

Alors y a d’autres maisons bleues à San Francisco. Mais celle là c’est bien la bonne, la maison de disque à remué ciel et terre pour la retrouver pour les 40 ans de la chanson, et quand ils l’ont retrouvé elle était verte ! Quelle indignité. Ils ont donc demandé aux proprios de la peindre en bleue et d’installer une plaque pour commémorative.
On a en suite grimpé les rues pour arriver à Corona Heights Parks qui donne un point de vue magnifique sur la ville. En fait, avec toutes ces collines on a souvent des points de vue incroyable.

Bon là on voit pas, mais la vue est à 180°, et on est perchés sur un pic de roche.
En continuant un peu, on voit cette maison qui ressemble plus à une maison de campagne anglaise, qui plairait beaucoup à ma soeur je pense.

Pour les quartiers suivants, on redescend, on était au plus haut du coin là. La suite c’est encore de jolies maisons donc certaines qui ont abrités des artistes comme les Grateful Dead, Janis Joplin ou Jimmy Hendrix. Ces maisons ressemblent aux autres et rien ne laisse penser que quelqu’un de particulier a vécu dedans. On ne peut que les imaginer trainer ici et faire leur vie comme nous en fait. Ces quartiers qu’on traverse ne sont de toute façon plus les mêmes qu’ils étaient. Toujours en lisant le guide du routard, on apprend par exemple sur Haights-Asbhury :
« Haight-Ashbury est un quartier mythique de San Francisco où ont germé de très nombreux mouvements culturels, comme ceux des hippies, des skinheads et les raves. En 1967, Haight-Ashbury connut son apothéose avec le Summer of Love, festival de concerts attirant un demi-million de jeunes des quatre coins de l’Amérique. Aujourd’hui, l’esprit hippy a pratiquement disparu mais Haight-Ashbury reste un quartier sympa avec des petits restaurants pas trop chers, des cafés, des boutiques de fringues et de disques. »
Donc difficile de vraiment s’imaginer et s’imprégner de leur vie ici, l’ambiance et les gens qui y étaient quand nos idoles y vivaient ayants disparu.

On finit notre balade avec le Alamo Square ou il y a une rangée de maison victorienne, jumelles dans l’architectures, mais toutes différentes par leurs peintures. On se fait la réflexion que les volets ou rideaux sont tous fermés. Quelle plaie d’habiter la dedans en fait ! T’as des gens comme nous qui viennent te fixer et faire des photos toute la journée. Bon chaque maison la bas a un jardin derrière, donc j’imagine que c’est là qu’il y passent le plus clair de leur temps.

On reste un peu, puis direction la dernière étape de la journée ! Le resto qu’on attendait depuis quelques heures déjà parce que c’est un resto … Français ! « Chez maman » ça s’appelle, ça doit forcément être bon.
En rentrant dans le restaurant on remarque déjà des panières avec du pain dedans sur les tables. Qu’est ce que ça nous avait manqué ça ! On a eu quelques plats en sauce dans d’autres resto que tu pouvais pas saucé, à moins de demander du pain américain bien sur et qui était servi avec de la confiture. Bon finalement ici ils n’ont pas pu s’empêcher de nous donner du beurre avec et le pain était du pain de cantine, mais c’est toujours mieux que rien. Juliette a pris une crêpe au jambon et fromage, bien fournie. Et moi un du canard avec gratin dauphinois et haricot vert. Qu’est ce que ça faisait du bien de manger ça. C’était doux, délicats et dans des proportions raisonnables. On a finit tout ça avec de la crème brulée et on était les plus heureux.

Ensuite, retour à la maison ou je n’ai pas eu la force de rédiger cet article, puis encore ce matin, et me voilà donc le 23 aout à 22h24 heure locale à écrire ces dernières lignes. Peut être mes dernières lignes sur ce blog vu qu’on rentre demain le 24. La journée d’aujourd’hui étant rédigée par Juliette, qui l’a déjà finit sur son téléphone pendant que j’écrivais celle d’hier … un autre level.
Peut être qu’on fera un autre article à notre retour, en mode débrief et retrouvailles. Des bises en attendant.
San Francisco – jour 4
- 23 août
Nous sommes le 23 au soir, nous venons de rentrer après une journée de balades, la dernière aux États-Unis. Je crois que les derniers jours ont permis de se faire à l’idée, on s’est raconté ce qu’on avait préféré, on a encore marché, vu, arpenté la ville et petit à petit on a été ok avec le fait qu’on allait rentrer. Même si ce soir c’est un peu étrange, que ce soit finit après avoir tant attendu ce voyage, il va bientôt être derrière nous. On a commencé à faire la liste de tout ce que nous avions vu et c’était beaucoup trop long alors ça nous a fait du bien, de se rendre compte qu’on avait « profité » comme tout le monde nous avait demandé avant le départ. On a profité et nous n’avons pas cette sensation des choses qui passent trop vite, on a vécu le truc pour de vrai, chaque moment. Bref aujourd’hui c’était le dernier jour de fun.
Ça a commencé par un truc pas si fun, des histoires de métro qu’on prend en retard, de tram qui arrive pas et on avait un billet réservé à une heure précise ce qui a eu le don de me stresser. La stratégie d’Alexis a été de dire que bien sûr que si tout allait être super, nickel, comme sur des roulettes et nous sommes arrivés avec 5min d’avance. Super nickel ! Gnia gnia gnia…
Le rendez-vous que nous avions était avec un bateau pour aller visiter l’île sur laquelle a été bâtie la prison d’Alcatraz. Après 10min en mer et quelques grosses éclaboussures qui nous ont bien trempées on se retrouve donc sur ce gros caillou avec de grandes bâtisses blanches battues par le vent, l’eau et le sel.
Cet endroit est visité pour la prison mais aussi car elle abrite une grande richesse naturelle : des fleurs, des plantes mais aussi beaucoup d’espèces d’oiseau. Les mouettes tournent constamment au dessus de notre tête et au bout de 2h leur cri devient assourdissant.
A l’intérieur de la prison un audio guide en français (halleluja) nous raconte la vie des détenus ici. On mettait dans ces cellules les pires voyous des États-Unis, il trône à l’entrée une citation d’un garde « si vous ne respectez pas la loi vous allez en prison, si vous ne respectez pas la loi de la prison, vous allez à Alcatraz ». C’est donc sur une île, dans un bâtiment vétuste, froid, qu’on enfermait les meurtiers, voleurs et autre star du crime comme Al Capone.
Ils vivaient dans de minuscules cellule dans lesquelles on a pu entrer avec matelas, toilettes, lavabo et c’est tout, à la vue de tous. C’est glaçant d’imaginer ces centaines d’hommes passer des années entières dans cet endroit de fer. On y entend le témoignage de ceux qui ont vécu l’isolement, ils s’imaginaient alors des mondes derrière leurs paupières pour survivre. Ils entendaient, le soir du réveillon, les rires de la ville poussés par le vent et osaient à peine regarder les grattes ciel au loin, cette liberté si proche et pourtant inatteignable.

C’est toujours impressionnant les prisons, j’y ai passé quelques heures pour le travail et ça remue mais celle là fait froid dans le dos.

Ils ont finit par fermer cet endroit car trop vétuste et trop coûteux. L’histoire la plus récente d’Alcatraz est son occupation par des indiens durant plusieurs semaines pour revendiquer leurs droits, leur histoire et faire entendre leur voix.
Un gros caillou plein d’histoires

On a savouré notre retour en bateau, heureux de pouvoir quitter cet endroit chargé si facilement. À terre on avait envie d’une glace, d’une crêpe, d’un truc sucré qu’on a trouvé à 15min de marche. Après ça alexis était fatigué, on s’est un peu forcé à arpenter un nouveau quartier : Pacific Height où vivent de grandes fortunes dans des maisons à 3 millions. C’est sur qu’elles sont belles … grandes, décorées et avec vu sur l’océan (of course). On s’assoie sur un banc (5min avec toi oui Alexis on la connaît) pour admirer la vue.
Passer des cellules d’Alcatraz aux maisons à 3 millions ça fait un petit choc mental.

Nous passons par un CVS (vous savez les supermarchés pharmacie, on en a parlé à New-York, ça commence à remonter…) pour trouver de quoi soulager la toux d’Alexis qui arrange pas ses histoires de douleurs à la côte. Le retour en France va se faire chez le docteur…
Il est déjà 19h et ici ça mange tôt, à 20h30 les restaurant commencent à plier alors on se trouve un endroit pour manger une salade qui va pour 2, parfait ça fera notre repas pour demain. Demain ça promet d’être la journée la moins drôle : des valises, des attentes, des aéroports et beaucoup de temps passés dans les airs (11h…aïe…). A 20h30 heure locale, 6h30 du matin heure française nous décollerons vers la maison. On vous raconte ça le samedi 25 normalement.




